‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 37 sur 235 · Charles Labitte, chap. IV, g 1, p · texte numérisé non relu

Charles Labitte, chap. IV, g 1, p

quelle haire? quels jeûnes? quelles larmes? quels soupirs? quelle nudité de pieds? quel visage baissé? quelle humilité de prières? quelle prostration par terre en signe de pénitence? Les gens de guerre embâtonnés', les fifres, les tambours sonnants, l'artillerie et escopeterie, les trompettes et clairons, la grande suite des gentilshommes , les demoiselles parées; la délicatesse du pénitent appuyé sur le col d'un mignon, pour le grand chemin qu'il y avait à faire, environ cinquante pas, depuis la porte de l'abbaye jusqu'à la porte de l'église ; la risée qu'il fit regardant en haut avec un bouffon qui était à la fenêtre. — «En veux-tu pas être?» Le ders, l'appuy, les oreillers, les tapis semés de fleurs de lys, l'adoration faite par les prélats à celui qui se doit soumettre et humilier devant eux, sont les traits de cette pénitence. »"

Quel contraste entre le langage de Boucher et celui de Saint-Paul qui , vivant dans des temps orageux et difficiles, enseigne aux chrétiens de son temps l'oubli des injures et l'amour pour ses ennemis!... quel contraste même avec celui des huguenots abandonnés du maître qui paie leurs services par la plus grande ingratitude! Ne dirait-on pas qu'une furie s'est incarnée dans ce prêtre qui se proclame le ministre fidèle de la plus fidèle des églises.

Les discours de maître Boucher et de ses collègues nuisirent au bon effet que le roi attendait de son retour à la foi catholique. Son abjuration eut cependant quelques résultats immédiats: le peuple commença à soupirer après la paix; les ligueurs les plus modérés n'attendaient qu'un mot de Rome pour déposer les armes, ou mieux encore une proposition du roi pour lui vendre leur soumission; la trêve qui avait suspendu les hostilités permettait aux bourgeois de sortir de la ville et d'aller à Saint-Denis se mêler aux troupes royales; le roi les recevait avec une grande affabilité. Il avait toujours aux lèvres quelques bons mots qui se gravaient dans la mémoire et qui, se répétant de bouche en bouche, allaient apprendre aux ligueurs «que ce teigneux de Béarnais n'était pas si abominable que leurs prédicateurs le leur représentaient. » Mayenne redoutant

1. Neuf discours sur la simulée conversion, de la nullité de I» prctendiie conversion de Henri de Bourbon , prince de Béarn.

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