LIVRE xxni
laquelle ils faisaient bon inrrché des principes, entraîna plusieurs de leurs coreligionnaires dans les voies de l'apostasie.
Le spectacle que présentait Paris à cette époque est aussi curieux qu'instructif. Les ligueurs et les royalistes se livraient des combats de plume et lançaient les uns contre les autres des pamphlets, dont quelques-uns ont survécu à l'oubli, cette fosse commune des écrivains. Immédiatement après l'exécution de Barrière, les royalistes firent paraître la démonologie de la Sorbonne la nouvelle. Dans cet écrit ils accusaient la faculté d'être possédée du démon , et d'être « un repaire de brigands et d'assassins. » Le jour des expiations se levait pour cette corporation, qui, depuis le syndic Bédier, n'avait pas cessé d'éteindre les lumières et de rallumer le feu; mêlée à tous les grands événements de l'époque, la Sorbonne s'était fait remarquer par son esprit intolérant ; tour à tour elle avait proscrit les huguenots et Henri III, les politiques et le Béarnais; tant qu'elle fut forte on s'inclina devant elle comme devant l'autorité la plus vénérée du royaume ; mais quand le procès de Barrière eut fait croire à sa complicité , les royalistes se •léchaînèrent contre elle et l'accusèrent hautement d'enseigner les hérésies suivantes : '
i° Il est permis aux sujets de se rebeller contre leur roi légitime.
2° Il est permis au peuple de désobéir aux magistrats et de les pendre.
3° Qui meurt en faisant la guerre contre son roi est martyr.
4° C'est à la Sorbonne (qu'ils tiennent aujourd'hui comme un empire ou plutôt état tyrannique) à juger si le pape doit recevoir le roi et si, d'aventure, il le faisait, chose qu'ils craignent fort, le déclarer hérétique et excommunié.
5° Il est impossible que le roi se convertisse. 6° Il n'est pas en la puissance du pape d'absoudre le roi et le remettre en son état.