‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 57 sur 235 · L'Estoile, année · texte numérisé non relu

L'Estoile, année

80 HISTOIRE DE LA "RÉFOftMATION FRANÇAISE.

[jîusieurs des Seize ne durent leur salut qu'à la fuite. Le parlement les condamna à mort et leur exécution eut lieu en effigie.'

Les ennemis les plus dangereux des royalistes n'étaient pas ceux qu'on frappait ou qui prenaient le chemin de l'exil : c'étaient les jésuites. Ces religieux avaient refusé de prêter serment au roi , sous le prétexte que le pape n'avait pas levé l'excommunication qui pesait sur lui; à part cela, ils sa conduisaient extérieurement en sujets fidèles et ne demandaient que la permission de régenter paisiblement et obscurément dans leurs collèges. Les royalistes pensèrent, et non sans raison, que tant que la société de Loyola demeurerait debout en France, la ligue ne serait pas éteinte. Le dessein de Barrière d'assassiner le roi disait mieux que toute parole que la tranquillité de la monarchie était incompatible avec son existence. Nous avons raconté au XV' livre de cette histoire son procès avec l'université , qui se termina par un arrêt qui laissa toutes les questions en suspens entre elle et ses adversaires. Comme, jusqu'à cette époque, elle avait été plutôt tolérée que reconnue officiellement en France, il fut décidé dans une réunion des quatre facultés qu'on reprendrait le procès suspendu depuis trente ans. Le 12 mai 15941e recteur de l'université, Jacques d'Amboise, présenta requête au parlement «pour que les jésuites, ministres et espions d'Espagne fussent bannis du royaume. »

Les pères, atteints dans le centre même de leurs intérêts, essayèrent de conjurer l'orage en envoyant leur soumission au roi et en cherchant des appuis jusque dans ses conseils. D'O et plusieurs autres personnages influents se déclarèrent ouvertement leurs protecteurs et firent jouer tant de ressorts que le recteur de la Sorbonne fut désavoué. On décida que les jésuites ne seraient pas bannis du royaume , mais qu'ils seraient soumis aux statuts universitaires.

Le recteur, aidé de quelques curés influents de Paris, ne se tint pas pour vaincu , et obtint que la cause serait plaidée. Grâce aux amis puissants des accusés , les débat?

1. V. Palma-Cayet, liv. VI. — Capefigue, t. VII. — Davila, Ut. XIV. — De Thou, liv. CIX. — Henri Martin t. X , p. 368.

Page 1