Élie Benoit, 1. 1", Uv. III, p
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des hommes qui le servaient plus par ambition que par religion; les réformés eussent certainement séparé leur ^ cause de celle du roi, si Du Plessis-Mornay ne les eût * assurés, en leur faisant espérer des jours meilleurs. Intermédiaire entre eux et le roi, il s'efforçait de leur expliquer que le refus du monarque était inspiré par son conseil'. Or, comme ils n'avaient pas cessé d'aimer l'homme avec lequel ils avaient vaincu à Coutras, à Arques, à Ivry, ils attendaient des jours meilleurs, sans abandonner cependant l'idée de se choisir, s'ils y étaient forcés, un protecteur soit au dehors , soit au dedans du royaume.
Depuis 1583, les réformés, par le malheur des temps, n'avaient pu tenir un synode général. Cette lacune, dans la pratique habituelle de leur organisation ecclésiastique, avait porté une grave atteinte à leurs intérêts. Faible minorité dans le royaume , ils ne résistaient à leurs nombreux adversaires qu'en demeurant étroitement unis; or, l'unité de foi et de conduite ne pouvait provenir que de l'initiative de l'assemblée qui était la personnification vivante de leurs craintes et de leurs espérances. Ils en avaient l'instinct ; de là leur constance à revendiquer un droit qu'ils regardaient, non sans raison, comme la sauvegarde de leur sûreté; de là aussi les efforts de leurs ennemis pour le leur ravir.
Ce fut à Montauban que s'ouvrit, le i5 juin ioQi, le synode général'. On choisit cette ville parce qu'elle était dévouée à la cause de la Réforme et prêle à toutes les éventualités de l'avenir qui s'annonçait sombre et menaçant.
Le premier soin du synode fut d'ordonner des prières pour le roi: c'était noble et touchant et contrastait avec la fureur de certains ordres de moines qui refusaient de prier pour lui quoiqu'il fût rentré dans le giron de l'Église catholique'. Cependant le sjnode ne voulut pas qu'on crût qu'il approuvait son abjuration; il ordonna en conséquence que tout en priant Dieu de lui conserver la santé, de bénir ses entreprises, on lui demanderait de l'éclairer et de le