‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 67 sur 235 · Élie Benoit, t. !«', liv. m, p · texte numérisé non relu

Élie Benoit, t. !«', liv. m, p

2. C'était le 13« synode général tenu depuis celui de 1 559. — Drion, Atrég. chron., 1. 1", p. 199.

3. Élie Benoit, Histoire de l'édit de Kantes, 1. 1", liv. m, p. 24.

ramener à la foi qu'il avait abandonnée. On décida en outre qu'on enverrait à sa cour des députés pour lui faire des remontrances à cet égard, et lui raontrer les périls que son changement faisait courir à la cause de l'Évangile.

Le synode s'occupa ensuite d'affaires importantes : il fut surtout profondément préoccupé de la conduite des

ftrotestants des environs de Paris. Le voisinage de la cour, 'exemple du roi et l'ambition avaient refroidi leur premier zèle et en avaient ébranlé plusieurs. L'édit de 1577 leur avait paru suffisant, quand de l'aveu de la grande majorité des réformés , cet édit ne leur donnait que des garanties insuffisantes et les laissait à la merci de leurs adversaires.'

Une lâcheté en amène presque toujours une seconde ; les mêmes hommes qui se montraient satisfaits des concessions de Henri III, s'étaient laissé persuader par les catholiques d'entrer avec eux dans une ligue qui avait pour but de défendre les libertés de l'église gallicane contre le pape. Le piège était grossier ; les conciliateurs qui aiment à se laisser tromper, colorent leur lâcheté du beau nom de tolérance, de support mutuel, de charité. Quand donc ils proposèrent au synode d'entrer dans la ligue et de nommer de part et d'autre des commissaires pour décider les questions pendantes, ils ne furent pas écoutés. On leur reprocha durement leur lâcheté, en leur faisant sentir que le voisinage de la cour les avait amollis, et quand, plus tard, ils proposèrent, que la tenue des synodes fût de plus en plus rare , leur demande fut rejetée comme attentoire aux droits de la cause.

Les débats, qui eurent lieu, révélèrent un côté fâcheux dans les dispositions de l'assemblée qui , ayant plus que jamais besoin d'être unie, se montra d'abord divisée; les uns sous prétexte de charité, de support, paraissaient disposés à passer sous les fourches caudines de la cour ; les autres, pleins d'une foi ardente, ne voulaient rien sacrifier de ce qu'ils appelaient « les droits de la vérité ; » les députés des provinces éloignées de la cour appartenaient à cette dernière catégorie ; leur zèle les fit appeler « des brouillons;» mais ce furent ces brouillons qui empêchèrent le protestantisme de se prendre dans les filets artistement

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