LIVRE XXIII
A côté du conseil général on créa dans chaque province un conseil provincial composé de cinq ou sept membres du tiers-état, dans lequel devaient entrer au moins un gouverneur de place et un ministre. Ce conseil devait correspondre directement avec l'assemblée générale, et avoir dans son ressort le même pouvoir que le conseil général avait dans le royaume; il élait chargé de recueillir les plaintes, les avis, les mémoires; de veiller à ce que la concorde régnât entre les grands; de s'occuper enfin de tout ce qui intéressait la cause.'
L'assemblée arrêta qu'il était urgent, vu le malheur des temps, de s'organiser au plus vite et de fixer la fin du mois de septembre comme dernier délai; elle s'occupa ensuite à élaborer des règlements touchant la levée des deniers et des tailles, les places fortes, les garnisons, les pasteurs, les écoles, les collèges. A tous ces règlements on ajouta, dit Elle Benoît, huit articles secrets dont le premier portait que pour l'administration de la justice on demanderait des chambres mi-parties dans tous les parlements, excepté celui de Grenoble, où les réformés, qui pouvaient tout sous Lesdiguières, étaient à peu près contents de leur condition; et si on ne pouvait obtenir ces chambres, on prenait la résolution de récuser tous les parlements, les présidiaux et tous autres juges royaux, dans les affaires dont ils peuvent juger en dernier ressort; et qu'on fournirait des causes de récusation contre tous ces tribunaux. Le second portait qu'on rechercherait l'intercession de la reine d'Angleterre et des États des provinces unies, parce qu'on I trouvait les affaires des églises déplorables. Le troisièm» ! voulait qu'on écrivît aux grands, pour les exhorter à la : piété et à l'union. Le quatrième permettait, pour celte fois seulement, de doubler le nombre des députés que chaque i province enverrait à la prochaine assemblée, à cause de î l'importance des affaires qu'on y traiterait. Le cinquième ordonnait que l'exercice de la religion réformée cessât dans les lieux où il avait été mis par surprise, pourvu que cela se pût faire sans sédition, et qu'on rétablirait la messe idans les lieux où elle était avant la dernière guerre, ce qu'on faisait pour ôter aux catholiques le prétexte qu'ils