Actes des assemblées générales (15941V
prenaient de n'exécuter pas les édits, sur ce que les rcfur-
inés y contrevenaient eux-mêmes, en ne permettant pas '
qu'on dît la messe dans certaines places dont ils s'étaient '
emparés. Le sixième remettait au retour des députés qu'on '
enverrait en cour à déterminer si on recevrait les catho- '
liques aux charges dans les villes que les réformés avaient '
en garde ; c'est-à-dire qu'il fallait que les catholiques |
sussent qu'on les traiterait à la pareille, et que, s'ils ne '
voulaient pas faire part des charges aux réformés, ceux-ci !
les en excluraient à leur tour dans les lieux où ils seraient '
les plus forts. Le septième désavouait tout ce qu'une pro- '
vince aurait fait au préjudice et sans prendre l'avis des ' autres, ce qui était arrêté pour prévenir des demandes
pareilles à celle de l'Ile-de-France , et le huitième approu- [
vait l'union de plusieurs provinces contiguës dans un seul '
conseil provincial.' '
XVIIl. '
L'assemblée représenta dignement les intérêts de ses i
mandataires par la vigueur qu'elle déploya et surtout par la «
pensée qui présida à la création du conseil général. L'unité il
de vue, de sentiment et d'action lui évita des divisions qui s l'eussent entraînée fatalement à sa ruine. Elle ne voulut
pas d'un grand pour protecteur: elle fit bien. Henri IV lui i
avait fait expier cruellement l'honneur d'avoir eu à sa tête a
un prince du sang royal. f
Le protestantisme put dès lors se présenter à ses enne- i
mis, fort de son unité, et leur faire comprendre qu'il ne p
serait pas facile, ni de le désunir, ni de l'abattre. C'est à t
son conseil général qu'il dut de traverser les plus mauvais s
jours de son histoire, et si plus tard l'édit de Nantes fut l
donné, il l'obtint moins de la volonté royale que de l'ha- il
bileté, de la vigueur et de la persistance de ce conseil. h
Un événement qui aurait pu avoir des résultats funestes fi
pour les réformés eut lieu pendant la tenue de l'assemblée ii
de Sainte-Foi ; une insurrection terrible éclata parmi les !(
paysans du Périgord et des provinces voisines. Quarante ii mille d'entre eux, dont un tiers de réformés, prirent les firmes et répandirent partout la consternation et l'effroi.
1. Histoire de l'édit de Nantes, 1. 1", Uy. Ul, p. 129-130. »