‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 73 sur 235 · Histoire de l'édit de Nantes, 1. 1", liv. III, p · texte numérisé non relu

Histoire de l'édit de Nantes, 1. 1", liv. III, p

2. Mémoires de Madame Duplessis-Mornay, 1. 1", p. 268-269. — D'Aubigué, liv. IV, ch. 10; t. UI, page 366-367.

ni des anciens, parce qu'elle les croit impuissants pour protéger sa cause; elle en demande un nouveau, qui lui Qonne la liberté de culte dans tout le royaume, garantisse un salaire à ses pasteurs, permette aux réformés de disposer de leurs biens à leur volonté, leur donne des cours et des tribunaux mi-parties, les rende admissibles à tous les emplois, remette entre leurs mains des places de sûreté avec des garnisons payées aux frais de l'État. S'il n'y eût eu dans leurs délibérations que des intérêts politiques engagés, ils n'eussent montré ni tant de courage ni tant de persévérance; regardant à la terre plutôt qu'au ciel, ils eussent, comme les ligueurs , dit à Henri IV: «Combien nous donnes-tu et nous te livrerons notre cause.» Ils ne le firent pas, parce que chez eux il y avait des convictions fortes et que le sang de leurs martyrs coulait encore dans leurs veines; il y eut, sans doute, parmi eux des lâches et des ambitieux ; mais au moins la masse résista aux promesses et aux séductions et donna au monde un noble exemple en ne sacrifiant pas au veau d'or ; leur mémoire n'y a rien perdu.

Au milieu de tous ces débats les affaires du roi prenaient une tournure favorable : la ligue allait s'affaiblissant, et cependant elle résistait toujours, couvrant sa rébellion de l'autorité du pape, qui n'avait pas encore levé l'excommunication qui pesait sur Henri IV, lequel n'avait pas cessé de négocier auprès du pontife sa réconciliation avec l'Eglise. Deux hommes habiles, insinuants, d'Ossat et Du Perron, l'aidaient dans cette tâche; son insistance auprès du Saint- Siège s'explique par son désir de désarmer la ligue et, plus encore , le bras des assassins. Après tant de combats, de périls et de fatigues, il soupirait après le repos. L'homme brave parmi les braves et qui, dans les rencontres les plus périlleuses, ne connut jamais la crainte, «était peureux devant le couteau; » l'absolution papale était à ses yeux un bouclier plus sûr que les arrêts de ses parlements, qui avaient déclaré sa personne inviolable et sacrée. Pour l'obtenir, il ne négligea rien, fit des bassesses et descendit presque au niveau de cet autre Henri qui, la corde au cou,

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