‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 80 sur 235 · LIVRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXIV

se rendirent à Lyon où était le roi ; il leur fit un «cciieil très-bienveillant et les engagea à l'aider dans sa nouvelle guerre avec l'Espagne. Dans cette circonstance, le conseil général des églises réformées crut devoir se désister de ses demandes, et fut d'avis qu'il fallait assister énergiquement le roi. Le duc de Bouillon lui offrit ses services, les Provinces-Unies et l'Angleterre s'allièrent à la France contre l'Espagne, à la grande joie des protestants, qui attendaient de cette union la fm de leurs maux ou tout au moins l'ère d'un meilleur avenir. Dans le traité intervenu entre la France et la Grande-Bretagne , Elisabeth voulait faire insérer un article par lequel le roi s'obligeait de donner un édit favorable aux protestants de son royaume. Le duc de Bouillon, qui avait été envoyé auprès de la reine d'Angleterre pour arrêter les bases du traité d'alliance, s'y opposa. Ses coreligionnaires lui en firent d'amers reproches, mais furent dès lors assurés d'avoir hors de la France des protecteurs qui pourraient leur venir en aide dans leurs jours de détresse.'

La guerre avec l'Espagne n'ayant pas porté les fruits qu'ils en espéraient, les réformés se virent exposés à de nouveaux retards qui les jetèrent dans de grandes impatiences: toujours demander et ne recueillir que de stériles paroles, c'était dur pour ces hommes qui avaient le sentiment profond de la justice de leurs demandes et de l'ini-

3uité des refus répétés dont elles étaient suivies. Le roi , e son côté, fatigué de leurs requêtes, perdant quelquefois patience, leur disait des paroles dures, auxquelles ils ripostaient en lui rappelant leurs longs services.

Le pape, qui savait par ses émissaires tout ce qui se passait en France, avait soin de prendre pour prétexte lo moindre acte, la moindre parole du roi en faveur des protestants, pour mettre en doute la sincérité de sa conversion. Clément VlII eut voulu l'amener peu à peu à exterminei ses anciens coreligionnaires, comme il l'avait promis lors de son abjuration et de son sacre; «mais le roi n'y voulut jamais consentir; » cependant il essayait de contenter le

f)ape: il prononçait alors quelques paroles rudes contre es réformés, ou bien faisait le convertisseur, et y réus-

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