‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 83 sur 235 · Histoire de l'édit de Nantes, 1. 1", liv. IV, p · texte numérisé non relu

Histoire de l'édit de Nantes, 1. 1", liv. IV, p

2. Cet édit fut, après une vive opposition, enregistré au parlement le 9 avril 1596, le 29 mai suivant à la cour des comptes et le 29 du même mois à la cour des aides. — Voir dans De Thou, liv. CXV, le récit de cette grave affaire.

}. Note VI.

iiî HISTOIRE DE IK RÉFORMATION FRANÇAISE.

tellement à vivre sans règle et à faire des dépenses qui passaient leurs forces, qu'aujourd'hui on les voit noyés de dettes et déjà dégoûtés de la paix que Dieu nous a enfin accordée par sa bonté, n'avoir plus de ressources que dans de nouveaux troubles , et soupirer encore après une nouvelle guerre civile, pour remédier au mauvais état de leurs affaires'.» Un seul ligueur, le duc de Mercœur, n'avait pas fait sa soumission : la Sainte-Union ne vivait que par lui.

Les défiances des protestants demeuraient les mêmes : chaque jour était marqué par un nouvel acte d'oppression ou de mauvaise foi; on voulait, suivant la confession na'ive d'un conseiller d'État, les pousser « à faire les fous.> Henri IV était étranger à ces lâches menées, qu'il ne pouvait empêcher. Ceux des chefs de la ligue qu'il avait achetés, n'avaient pas abandonné l'idée d'un démembrement de la France; cette idée même avait pris corps, et les principaux auteurs du complot vexaient les protestants \ pour les pousser à prendre les armes, et par la guerre, arriver h leur fin.

Les réformés qui avaient, par leur courage, aidé le roi il conquérir son trône, l'aidèrent, par leur sagesse , à le conserver. Ils se bornèrent à continuer leur assemblée, qui fut transportée à Loudun (1" avril 159G), avec la permission du monarque. Pendant la tenue de l'assemblée, les parlements de Bordeaux, de Toulouse et d'Aix, rendirent des arrêts qui limitaient les libertés des protestants; celui d'Aix interdit même sous peine de mort la religion réformée dans toute l'étendue de son ressort. Sous le ciel ardent de cette contrée, les passions ligueuses ne s'étaient pas amorties; d'Oppède revivait dans ses intolérants successeurs.

L'assemblée qui recevait de toutes les provinces les cahiers contenant les plaintes de ses mandataires, élait dans une grande perplexité; elle attendait peu de la bienveillance du roi : elle lui envoya néanmoins le huguenot

Page 1