‹ Histoire de la réformation française (volume 2)Chapitre 92 sur 235 · Catherine de Bourbon , sœur du roL · texte numérisé non relu

Catherine de Bourbon , sœur du roL

IbO HISTOIRE DE LA RÉFORMATION FRANÇAISE.

nous oblige d'observer le carême et les fêtes; nos ministres sont chassés des écoles, on leur défend d'ouvrir des collèges; veut-on donc nous contraindre à l'ignorance et à la barbarie? Ainsi en faisait Julien.

«La pauvreté devrait au moins être hors des atteintes de nos ennemis. Hélas! il n'en est rien, et là oii nous contribuons le plus aux aumônes, nos nécessiteux n'y ont pas de part, et il y a des lieux de votre royaume où nous ne pouvons pas habiter. A Lyon les juges ont chassé ceux de nos frères qui y étaient rentrés après leur bannissement.

« Quant aux charges publiques, on nous en écarte, et dans les chambres de justice on nous appelle turcs, chiens, hérétiques, hétéroclites, de la nouvelle opinion, dignes d'être poursuivis à feu et à sang et chassés de tout le royaume. Les parlements méconnaissent complètement leurs devoirs et se conduisent en juges prévaricateurs.

«Maltraités dans notre naissance, dans notre vie, dans l'éducation de nos enfants, nous le sommes même dans nos funérailles ; on nous refuse dans quelques endroits l'usage des cimetières , et nous sommes obligés de faire jusqu'à cinq lieues pour donner à nos morts une sépulture honorable; on déterre leurs cadavres, qui restent exposés aux bêtes sauvages et en danger d'être mangés par des chiens.

«Ah, Sire, nous ne sommes ni des jacobins, ni des jésuites. Comme eux, nous n'en voulons ni à votre vie, ni à votre couronne. Vous connaissez notre lidélité ; nous vous demandons un édit avec nos larmes et non pas comme les ligueurs qui, au lieu de leurs requêtes pour avoir la paix , ne vous ont présenté que la pointe de leurs épées. Six fois, Sire, nous avons renouvelé nos instances à Mantes, à Saint-Germain, à Lyon, au camp de la Fère, à Monceaux, à Rouen, et jusqu'ici on s'est prévalu contre nous de la raison d'Etat , et on nous dit que ce n'est pas encore temps. Oh, bon Dieu! Après trente-cinq ans de cruelles persécutions, dix ans de bannissement par les édits de la ligue, huit ans du règne duroi, quatre de poursuites, nous redoutons de nouvelles proscriptions ; le pape y pousse de toutes ses forces, et cependant les catholiques seuls ne sont pas l'État, nous en faisons partie. Nous demandons

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