‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 105 sur 263 · Mss. de Court, L. D. C, t. III, 1726 à · texte numérisé non relu

Mss. de Court, L. D. C, t. III, 1726 à

qu'il marchât de pied droit dans les sentiers austères de la vérité. S'en écarter, ou même en avoir l'idée, constituait un crime à ses yeux. Il apprend un jour qu'une dame noble, Mme de Saint-Mamet, est sollicitée de quitter sa religion. Après lui avoir tracé le portrait de la croyance qu'elle paraissait disposée à abandonner et de celle qu'on voulait lui faire embrasser: «Tremblez, Madame, lui écritil, à la méditation des sentences formidables du Seigneur sur les renégats; qu'une religieuse crainte vous retienne dans une religion qui, toute douce qu'elle est, menace pourtant des jugements les plus sévères l'infidélité et Finiposture. Fixez les yeux sur vos généreux ancêtres; souvenez-vous de votre origine; ne craindrez- vous pas de démentir le beau sang qui coule dans vos veines? seriezvous née pour être la honte d'une des plus belles familles? auriez- vous assez peu de grandeur d'âme, passez-moi cette expression, pour sortir de ce qu'il y a de plus pur parmi les réformés? seriez-vous aujourd'hui capable d'abandonner la foi de vos ancêtres et croire qu'ils sont damnés, puisqu'il vous faudrait le croire, si vous aviez le malheur de succomber?» 1

Autant, le pasteur du désert déployait de sévérité à l'égard de ceux qui ne marchaient pas de pied droit, autant son cœur débordait de charité et de tendre compassion à l'égard de ceux qui, fidèles, pleuraient sous la croix. A une dame, à laquelle on avait enlevé sa fille pour la mettre dans un couvent, il écrivait: «Quel coup! quel coup! quelle plaie! je ne doute pas, Madame, que vous ne sentiez la douleur, et que, dans l'amertume de votre âme, vous ne laissiez exhaler cette triste plainte : «Jamais il n'y a eu d'affliction semblable à celle qui m'a été faite!»

«Quelque grande que soit votre douleur, elle n'est pas sans consolation; il y a encore du baume en Galaad pour vous; Dieu frappe, mais pour bénir; il abat, mais pour relever; priez pour votre enfant, afin qu'elle résiste aux assauts qui lui seront livrés; Dieu ne refuse jamais d'exaucer les prières.» 2

Court ne comprenait pas que les fidèles pussent se ré-

1. Mss. de Court, L. D. G., t. II, 1724 a 1 726, n° 7, p. 99.

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