LIVRE XLIX
La nécessité de relier les Églises entre elles se Taisant de plus en plus sentir, une assemblée à laquelle on donna le nom de synode national, se réunit le 18 août 1744- au désert dans le bas Languedoc'. Les provinces qui y furent représentées furent l'Angoumois , le pays d'Aunis , la Sainionge, le haut et le bas Poitou, le "Périgord, la basse Guyenne, les Cévennes, leVivarais, le Veley, le Dauphiné, le haut et le bas Languedoc, la Normandie. De tous les spectacles de cette époque, le moins étonnant n'est pas celui que nous présentent ces hommes qui, ne se proposant d'autre gloire que celle de Dieu, entreprennent quelquesuns un long, et tous un périlleux voyage pour travailler à la consolidation des Églises. Parmi ces hommes de cœur se trouvaient un vieillard et un jeune homme qui devaient bientôt, et à quelques jours de distance, se suivre sur l'échafaud2. Le moment où le synode se réunit était solennel pour la France ; on se battait à la fois en Alsace, en Flandre et sur les Alpes; une flotte anglaise menaçait les côtes de la Provence et Louis XV avait quitté Versailles pour se mettre à la tête de ses armées. Le synode, craignant de voir se renouveler, contre les protestants, l'accusation d'être des ennemis de l'État, déclara dans sa première réunion «que tous ses membres étaient de dévoués serviteurs de Sa Majesté et s'étaient assemblés dans le but rj-'affermir, de plus en plus, la fidélité qu'ils lui devaient et d'éloigner, entre eux, toute désunion qui pourrait tendre à troubler la tranquillité publique et leurs troupeaux, a Joignant le fait aux paroles, le synode arrêta «qu'on célébre-
1. Matthieu Viala fut nommé modérateur, et Paul Rabaut vicemodérateur.