‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 142 sur 263 · Mss. de Court, D. C, t. VII, 174 b, n° 7, p · texte numérisé non relu

Mss. de Court, D. C, t. VII, 174 b, n° 7, p

Mon àme, prends courage, Car c'est pour aujourd'hui Que tu sors d'esclavage, Pour t'en aller vers lui.

Tu vas être ravie Dans ce charmant séjour, D'ouïr la symphonie De la céleste cour.

Avecque les saints anges Tu joindras ton concert, Pour chanter les louanges Du roi de l'univers.

Dans la gloire éternelle La robe tu prendras , De couleur immortelle , Après tous ces combats.

Allons en diligence, Mon cœur en ce moment Revêtu de constance, Embrasser le tourment; Allons avecque zèle, D'un regard gracieux , Monter sur cette échelle, Qui nous conduit aux cieux.

Il part pour le supplice, Escorté à l'entour D'archers de la justice , De quatorze tambours, Qui jusqu'à la potence Roulaient incontinent , Pour vaincre sa constance Et étourdir ses sens.

Étant à la potence , Ce martyr généreux Implora l'assistance Du monarque des cieux ; D'un courage héroïque A l'échelle il monta, Vers la troupe angélique Son âme s'envola.

Ainsi finit la course D'un généreux pasteur, Pour aller à la source D'un céleste bonheur.

Que ton sort est aimable Et l'état glorieux , Ta joie délectable Dans les augustes lieux !

Faisons cesser nos plaintes, Fidèles protestants, Nos sanglots, nos contraintes Et nos regrets cuisants ; Lubac n'est plus à plaindre, Il est hors de danger, Il n'a plus rien à craindre, Ni rien à désirer.

Chérissons sa mémoire, Imitons son ardeur, Suivons-le dans la gloire Et d'esprit et de cœur.

Que si Dieu nous appelle Au tourment rigoureux , Imitons le fidèle, Nous serons bien heureux.

Le supplice de Desuhas, nous l'avons dit, ranima le zèle des populations, et prouva, une fois de plus, l'inutilité des persécutions. Les Eglises ordonnèrent un jeûne universel, et du milieu de milliers de voix sanglotantes s'éleva celle du pasteur Viala. «Que chacun de vous, s'écria l'orateur du désert, s'occupe des choses du ciel. Négociant, ferme ta boutique; artisan, laisse l'outil de ta profession; laBoureur, suspends tes travaux. Vous tous, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, pasteurs ou anciens, pleurez entre le porche et l'autel et criez à l'Eternel de pardonner à son peuple et de ne pas exposer à l'opprobre son héritage.»1

L'appel du pieux pasteur fut entendu, le jeûne fut célébré avec un grand recueillement, et bien des prières ferventes montèrent vers le ciel ; mais la rosée que les infortunés protestants espéraient en faire descendre y fut retenue encore longtemps par les décrets impénétrables de Celui qui resle toujours bon et miséricordieux à travers ses sévérités apparentes. La persécution continua avec une

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