LIVRE XLIX
dans laquelle il avait pour l'aider des collègues dévoués et son compagnon d'enfance, son fidèle Pradel.
Pradel naquit à Bédarieux, probablement à la même époque que Paul Rabaut. Ils eurent les mêmes maîtres, et firent leur apprentissage de proposant sous la direction du pieux Claris; tous les deux ils s'assirent sur les mêmes bancs au séminaire de Lausanne, et quittèrent les belles et riantes rives du Léman pour aller exercer leur ministère dans le Languedoc. Le dimanche 22 novembre 1750, Pradel courut le risque de tomber entre les mains des soldats, qui surprirent une assemblée qui avait été convoquée à Saumane, par-dessus la métairie de Granon, à une lieue de Nîmes. 1
Les dangers continuels que courait sa vie , loin d'ébranler son courage, ne firent que le raffermir, et il fut de ceux qui travaillèrent pour leur maître avec une fidélité qui ne connut pas d'intermittence. Nous devons aux soins de la police des intendants du Languedoc son signalement; le voici : «André Pradel, dit Vernezobre , âgé d'environ trente-huit ans, taille de 5 pieds 3 pouces, visage assez plein et pâle, le nez bien fait, les yeux gris, cheveux châtains, portant perruque, fort jarretier*, portant les genoux en avant quand il marche, les pieds fort plats, les mains étroites, les doigts fort longs, se tenant un peu courbé.»3
Les forçats , à la recherche desquels la justice met les agents de la police , ne sont jamais mieux signalés.
1. Journal de Paul Rabaut. — Journal nos 1 et 2. — Ce manuscrit, dans lequel Rabaut raconte ses travaux depuis 1750 à 1756, a environ 80 pages. Il est très-regrettable que l'auteur ne l'ait pas continué; s'il l'eût fait jusqu'à sa mort, nous aurions le procèsverbal authentique de l'histoire du protestantisme de son époque.