‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 159 sur 263 · LIVRE L · texte numérisé non relu

LIVRE L

Depuis l'arrivée de Richelieu , la situation des Eglises s'était un peu améliorée ; mais tout à coup elle empira. Le duc, après la session des Etats, retournait, à Paris, lorsqu'à Avignon lui arriva la fausse nouvelle , que les habitants de la Gardonenque étaient attroupés en armes : sans se donner la peine de s'assurer de la réalité du fait, il donna, dans sa colère, des ordres pour qu'on plaçât des garnisons partout, et qu'on activât le jugement du ministre Coste, l'auteur de l'insurrection de Lédignan.

Après son départ, les Églises jouirent, pendant une année entière, d'un calme inusité; elles en profitèrent pour régler leur administration intérieure; leur histoire, pendant ce temps, n'a rien de particulier qui mérite d'être relaté; mais pendant qu'elles jouissaient avec reconnaissance de ces heures de calme, le clergé romain veillait, et quoiqu'elles ne fussent extérieurement qu'un objet de pitié, elles troublaient son sommeil. 11 força de nouveau la main à la cour, et l'année 1754 s'inaugura pour elle par une terrible persécution, et, chose étrange! ce fut l'épicurien Richelieu, le plus dissolu des courtisans et le plus incrédule des disciples des philosophes, qui continua le farouche Bâville. Nommé pour présider les États du Languedoc, il fit (16 février 1754) revivre toutes les dispositions de l'édit de 1724, en y en ajoutant de nouvelles dans une instruction tristement célèbre.

Le clergé, qui jusque-là avait vu ses efforts échouer, sembla près d'atteindre son but; il voulait, comme le roi, faire perdre aux protestants le goût et l'habitude des as-

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