et 25 octobre et 8 novembre
corps à l'hôtel de ville, et le conduisirent en grande pompe à la cathédrale de Sainl-Étienne, où le service funèbre fut célébré avec toute la mise en scène que l'Église romaine sait donner à ses cérémonies.
D'autres services non moins pompeux eurent lieu quelques jours après; entre tous, les pénitents blancs se distinguèrent ; ils firent tendre de blanc leur chapelle et dressèrent un magnifique catafalque au sommet duquel était debout un squelette qui tenait de la main droite une palme, emblème du martyre, et de l'autre cette inscription en gros caractères : Abjuration de l'hérésie.
Avant que les capitouls eussent prononcé, les Toulousains se constituaient par ces actes le*s accusateurs de Calas, ou plutôt ses juges, puisqu'en décernant à Marc- Antoine la couronne des martyrs, ils affirmaient ouvertement que son père était son meurtrier; dans cette triste affaire, capitouls , peuple et clergé sont saisis par un esprit de vertige qui les aveugle et les rend cruels.
Nous n'entrerons pas dans les détails du procès de Calas ; nous renvoyons nos lecteurs au livre de M. Athanase Coquerel fils1, qui a débrouillé avec une rare sagacité les fils de cette horrible procédure, dans laquelle ceux qui sont chargés par la loi et par la conscience de découvrir la vérité ne veulent découvrir qu'un coupable et le découvrent quand même; dans cette honteuse croisade contre l'innocence, Baudrigue se distingua entre tous, pour ùtor à Calas et à ses compagnons de captivité leurs moyens de défense.
Les capitouls, malgré tous leurs efforts, n'ayant pu établir la culpabilité des accusés, rendirent, le 18 novembre, un premier arrêt par lequel la torture la plus rigoureuse fut prononcée contre Calas, sa femme et leur fils Pierre; leur servante et La Vaisse devaient seulement être présentés à la question sans y être appliqués.
Les condamnés en appelèrent des capitouls au parlement, qui cassa l'arrêt de ces derniers et retint l'affaire. Mais il