‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 185 sur 263 · LIVRE LI · texte numérisé non relu

LIVRE LI

ne se montra ni plus juste ni moins partial que Baudrigue et ses collègues ; là où les accusés auraient dû trouver des juges, ils ne rencontraient que des accusateurs. Un seul magistrat, M. de la Salle, eut le noble courage de prendre leur défense. Il soutint hardiment leur innocence devant une population fanatique. — «Ah! Monsieur, vous êtes tout Calas,» lui dit-on un jour avec dédain : «Ah! Monsieur, répliqua vivement l'honnête magistrat, vous êtes tout peuple.» Au moment du jugement il se récusa après s'être prononcé aussi ouvertement en faveur des accusés, il ne pouvait faire autrement; ses collègues qui s'étaient prononcés aussi ouvertement dans un sens contraire auraient dû l'imiter, ils ne le firent pas.

Les Galas et Jeanne Viguière furent défendus par l'avocat Sudre, La Vaisse par son père. Plusieurs mémoires furent publiés dans lesquels on renversait tout l'échafaudage de procédure élevé si habilement par le procureur général Riquet de Bon-Repos. Les adversaires des Galas se servirent ignoblement de l'arme de la calomnie pour soulever la population toulousaine contre eux, en affirmant, comme nous l'avons déjà dit, que les protestants étaient obligés d'être les bourreaux de leurs propres enfants s'ils abjuraient: «C'est, ajoutaient-ils, la doctrine de Calvin qui le leur permet. C'est dans un synode que le meurtre de Marc-Antoine a été délibéré.» '

Vï.

Ces bruits , perfidement répandus dans le public, indignèrent les protestants : «Immolez-nous comme à Vassy, comme à la Saint-Barthélemy, s'écrièrent-ils, rasez nos femmes, enlevez nos enfants, jetez-nous dans vos cachots, pendez nos ministres; mais respectez, en nous, la nature.» Quelque absurde que fût la calomnie, Sudre, l'avocat de Calas , se crut obligé de la réfuter dans un mémoire qui contenait une déclaration de la vénérable compagnie des pasteurs et professeurs de l'église et de l'académie de Genève. « 11 n'y a jamais eu, disaient les signataires, parmi nous, ni synode, ni assemblée qui ait approuvé cette doc-

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