‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 195 sur 263 · Histoire du midi de la France · texte numérisé non relu

Histoire du midi de la France

4. Histoire des institutions politiques, judiciaires et littéraires de la ville de Toulouse.

tenu, s'écrie un magistrat savant intègre', j'ai tenu dans mes mains, j'ai lu de mes yeux, depuis la première jusqu'à la dernière ligne, celte triste et douloureuse procédure, et comprimant l'émotion qui me gagnait à chaque moment quand j'entendais ce père, cette mère s'écrier pour toute léfense devant leur impitoyable juge: «Croyezvous donc qu'on puisse tuer son enfant \» j'ai tout examiné, tout pesé, comme si j'eusse eu à parler moi-même. Que je serais heureux si ce que je vais dire pouvait ajouter encore un rayon d'évidence à une vérité, à une innocence depuis longtemps reconnue! Oui, Messieurs, j'aime à le proclamer, dans toutes ces pièces, dans tous ces témoignages, ces monitoires, je n'ai rien découvert, pas un fait, pas un mot, pas l'ombre d'une preuve, d'un indice qui explique cette épouvantable erreur; reste le fanatisme qui explique tout, il est vrai ; mais admirez ici comme la vérité se fait jour, et saisissons le moment où l'humanité se réveille. Tandis que la justice humaine, égarée comme la foule qui se presse autour d'elle, conduit sa victime au supplice, le malheureux vieillard passant devant la maison où il avait vécu tant d'années heureuses au sein de sa famille, demande à s'agenouiller et à bénir sa demeure! Simple et déchirante action, qui renfermait à elle seule une si grande lumière d'innocence qu'elle émut profondément la multitude. Dès ce moment, m'a-t-on affirmé dans le pays qui a produit cet horrible drame, les yeux se dessillèrent : hélas ! Messieurs, il était trop tard, le vieillard continua sa route, et à quelques pas de là, il expirait sur la roue , répétant à celui qui le pressait d'avouer son crime : Et vous aussi, vous croyez qu'on peut tuer son enfant!»

1. Discours de rentrée à la cour impériale de Rennes, prononcé par M. Plougoulm , procureur général , le 3 novembre 1843 (sur les progrès de la législation pénale en France). M. Plougoulm, enlevé prématurément à ses fonctions, avait examiné le dossier de l'affaire Calas peudant qu'il était procureur général à Toulouse. — Les personnes qui désirent connaître à fond l'histoire du grand procès qui préoccupa si vivement et si longtemps l'opinion publique, devront méditer l'ouvrage savant et impartial de M. le pasteur Athanase Coquerel fils. En l'écrivant, il a fait un bon ouvrage et une bonne œuvre.

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