‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 200 sur 263 · LIVRE LU · texte numérisé non relu

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les mêmes ouvertures qui servaient à faire entrer l'air, et malheureusement aussi la pluie et le vent. J'ai vu cette prisonnière, qui y était restée trente-huit ans quand elle en sortit (Marie Durand). Le gouvernement hollandais et les cantons suisses lui faisaient passer des secours annuels, ainsi qu'aux autres prisonnières. C'était une personne trèspieuse, pleine de raison et de lumières, et pour laquelle les autres prisonnières avaient une grande considération , quoique plusieurs fussent plus âgées qu'elle, et que la différence, d'âge fût la seule qui rompît l'égalité dans ce lieu terrible. » 1

Marie Durand, par un singulier contraste avec les lois inquisitoriales de cette époque, pouvait entretenir une correspondance avec Paul Rabaut. Du fond de sa sombre prison, elle épanchait son âme tendre, aimante et sanctifiée par un long martyre, dans celle du pasteur du désert. Ces lettres, reliques précieuses du passé, forment un touchant épisode de ces temps douloureux. « Monsieur et très-cher pasteur, lui écrivait-elle, j'ai eu l'honneur de vous informer que plusieurs de mes compagnes de prison avaient été forcées de s'endetter dans leurs maladies de l'année dernière et que j'étais du nombre. Je peux vous dire a la vérité qu'alors je devais vingt-cinq écus. Je n'en dois plus autant, m'étant acquittée de cinquante livres. Mais Dieu sait comme j'ai passé ma vie ! je me suis passée tout l'été de robe, de tablier, de souliers et autres choses bien nécessaires; pourvu seulement que je puisse m'acquitter avant de sortir de ma cruelle prison, je serai contente. » Deux ans plus tard: «Monsieur, très-cher et très -honoré pasteur, c'est à vous que nous avons recours ; c'est en votre bonté pastorale que je viens chercher un remède pour tâcher de prévenir un venin qui veut se répandre contre nous.... Au nom des entrailles de la divine miséricorde, donnez-nous tous les soins possibles pour nous arracher à notre sépulcre si affreux. Nous avons bien besoin de tous vos secours.... Que Dieu bénisse votre digne personne et votre aimable famille, vous protège tous, et accomplisse par vos précieuses mains la grande œuvre de sa paix la plus désirée, et m'accorde la grâce de la plus douce satisfaction que je

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