‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 227 sur 263 · De Félice, Histoire des protestants, p. 566 et suiv · texte numérisé non relu

De Félice, Histoire des protestants, p. 566 et suiv

la présidence l'abbé de Montesquieu. Ce jour-là il écrivit à son père : «Le président de l'Assemblée nationale est à vos pieds.»

Les membres de la Constituante, qui avaient voté en faveur de la liberté religieuse plus par entraînement que par principe, commencèrent a s'inquiéter du cbemin qu'ils avaient fait dans une voie qui pouvait devenir funeste à l'Église romaine. Le chartreux dom Gerle, qui jusqu'alors s'était distingué par son ardent libéralisme, se fit l'écho de leurs appréhensions et proposa h l'assemblée de « déclarer le catholicisme religion de l'État et de ne plus autoriser d'autre culte que le sien.»

Cette proposition, qui effaçait de la déclaration des droits de l'homme son plus magnifique article, fut. accueillie avec transport par tout un côté de l'assemblée; queloues paroles avaient suffi pour réveiller au sein de la Constituante les préjugés et les haines des États généraux de la Ligue.

A la proposition de dom Gerle un grand nombre de mains se lèvent pour l'appuver. Le président, promène ses regards sur l'assemblée. La majorité lui paraît incertaine et la séance est renvoyée au jour suivant. Pendant la nuit les amis de la liberté religieuse se comptent et se préparent à la lutte pour le lendemain. Le peuple de Paris, qui ne veut plus, ni de Saint-Barthélemy , ni de dragonnades, mais qui bientôt sous un autre nom les ressuscitera, se prononce vivement contre la motion de dom Gerle , et dès le matin assiège les avenues de l'Assemblée constituante.,. Le combat s'engage vivement à la tribune, Mirabeau y est admirable, quand il évoque les lugubres.souvenirs de la Saint-Barthélemy et revendique pour chaque citoyen le droit de servir Dieu selon sa conscience. Le grand orateur ramène à son opinion plusieurs des partisans de dom Gerle : celui-ci, qui pressent le sort qu'attend sa motion, la retire afin qu'elle ne succombe pas écrasée sous un vote.

La Constituante ne tarda pas à montrer combien elle était sympathique à ceux de ses concitoyens qui, depuis

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