De Félice, Histoire des protestants, p
Alquier, en butte à la haine d'un parti, aussitôt qu'un parti s'est formé contre la Constitution, a l'époque de vos premiers décrets sur les biens du clergé; et, devenus l'objet d'un vil ramas de calomnies, artificieusement pratiquées contre eux pour exciter des troubles et faire éclater une contre-révolution, ils n'ont eu d'autres ennemis que les ennemis de la Révolution même.»
Marseille, Montpellier, Bordeaux, Toulouse n'imitèrent pas l'exemple de Nîmes et de Montauban, et le Midi fut ainsi préservé de la guerre civile. «Les conspirateurs, dit M. de Félice, allèrent chercher à l'étranger la force qu'ils ne trouvaient pas dans leur patrie.1»
A Nîmes, les protestants voulurent donner à Paul Rabaut une marque de leur attachement; ils lui élevèrent une maison destinée à abriter sa vieillesse; chacun voulut y apporter sa pierre. Le vieux pasteur du désert, qui jusqu'alors n'avait eu d'autre abri que les cachettes et les cavernes, en jeta lui-même les fondements5 au milieu d'un grand concours de fidèles qui louaient Dieu et le bénissaient de ses merveilleuses délivrances.
Ces jours de paix furent presque sans lendemain; le char de la Révolution, lancé sur une pente rapide, devait bientôt broyer sous ses roues sanglantes royauté, noblesse, clergé; ce qui, aux jours des États généraux, s'appelait du beau nom de liberté, s'appela licence à ceux de la Terreur. Le clergé persécuteur fut persécuté à son tour.
L'expiation fut lente à venir, mais elle vint terrible, comme une trombe qui dévaste tout sur son passage; humiliations, persécutions, exil, échafaud, rien ne manqua à sa coupe de douleur : ses devanciers avaient semé le tourbillon, il recueillait la tempête; ce fut au moment où