‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 240 sur 263 · Haag, France protestante, art. Rabaut Saint-Étienne · texte numérisé non relu

Haag, France protestante, art. Rabaut Saint-Étienne

teurs. C'est la France qui doit sauver la France. Marseille et Lyon se sont suffi à elles-mêm« pour écraser l'anarchie; Paris ne peut pas se suffire ; sa population immense étrangère à elle-même est facilement trompée, égarée, agitée, portée à tous les mouvements qu'on lui inspire, sans savoir même où on la conduit. On l'échauffé par de fausses terreurs, on la soulève pour du pain, on l'abuse en la flattant, on la trompe en l'enivrant de sa prétendue souveraineté, on l'égaré par l'orgueil du nom de Paris; et telle est la faiblesse de cette masse confuse , que des troupes de femmes y font la loi, et font fléchir la force armée, les magistrats et les autorités.»

Le 28 juillet Saint-Étienne fut mis hors la loi. Fabre d'Églantine découvrit sa retraite et le fit arrêter. On se contenta de constater son identité, et le lendemain de son arrestation (5 décembre) il monta sur l'échafaud. Il en gravit les degrés sans orgueil comme sans faiblesse, et l'homme qui, par sa vocation, était destiné à la potence des Bourbons, plaça sa noble tête sous le couperet des Jacobins.

Quelques jours après, à Nîmes, une femme, assise devant l'une des fenêtres de sa maison, entend un crieur public qui prononce les noms de ceux qui ont été guillotinés à Paris; elle tend l'oreille, un nouveau nom est prononcé, c'est celui de Saint-Etienne : elle pousse un cri perçant ; en moins de temps que nous n'en mettons à l'écrire, sa raison s'égare, elle court à pas précipités dans sa maison, elle voit un puits et s'y précipite; cette infortunée était l'épouse de Saint-Étienne.

Paul Rabaut baissa la tête devant le coup terrible qui le frappait plus cruellement que si sa tête fût tombée, comme celle de son fils bien-aimé, sous le couteau de Sanson. Il le pleura ainsi que sa belle-fille, et ses larmes furent de celles que Dieu recueille dans ses vaisseaux; sa main paternelle s'était appesantie sur sa tête, le vide se faisait autour de lui , son fils Pommier était enfermé à la Conciergerie et son autre fils Dupuy porté sur la liste des émigrés. La coupe était comble, et bien souvent le vieillard

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