‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 244 sur 263 · LIVRE LÏV · texte numérisé non relu

LIVRE LÏV

même; elle ne put cependant obtenir que le catholicisme fût proclamé religion de l'État, ou tout au moins religion dominante. Le négociateur du premier consul, fidèle en cela à l'esprit de son maître, ne voulait pas revenir aux traditions d'un odieux passé; il consentit seulement qu'en parlant de la religion catholique, on constaterait «qu'elle était la religion de la majorité des Français.»

Cette déclaration, qui constituait un fait, éveilla la susceptibilité du conseil d'État, composé d'hommes tous partisans des idées de 1789. Dans un mémoire qu'il présenta aux consuls (janvier 1802), on lisait ces paroles notables: «Le gouvernement, en déclarant que le catholicisme était en majorité en France, n'a voulu autoriser en sa faveur aucune prééminence politique ou civile. 11 a seulement motivé l'antériorité des mesures qu'il a prises pour assurer une indépendance qu'il est dans son intention de garantir à tous les cultes. Le protestantisme est une communion chrétienne qui réunit à la même croyance et aux mêmes rites un très-grand nombre de citoyens français. A ce seul titre, cette communion a droit à la protection du gouvernement. A d'autres égards, elle mérite des marques de considération et de bienveillance. Ses fondateurs ont les premiers répandu en Europe des maximes libérales de gouvernement; ils ont fait faire des progrès à la morale, à la philosophie, aux sciences et aux arts utiles. Dans les derniers temps, les protestants se sont rangés les premiers sous les drapeaux de la liberté et ne les ont jamais abandonnés. Il est donc du devoir du gouvernement d'assurer sa protection aux réunions paisibles de cette minorité éclairée et généreuse de citoyens rassemblés dans des temples avec la vue louable de recueillir les préceptes de la religion du Christ... Tout ce qui est assuré aux diverses communions chrétiennes par les articles convenus entre Sa Sainteté et le gouvernement de la République est également garanti aux protestants, à l'exception de la subvention pécuniaire.» 1

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