LIVRE XLIV
hardi; mais dans l'état d'épuisement où se trouvait le royaume, rien n'était impossible. Ces trois hommes étaient les marquis de Guiscard et de Miremont , et un gentilhomme nommé Belcastel. Nous connaissons le premier1. Le marquis de Miremont prétendait être de la famille royale, et jouissait auprès des puissances maritimes d'une grande influence. Il était accueilli favorablement à La Haye et à Londres, chaque fois qu'il sollicitait, auprès des ministres , des secours pour les camisards. De Belcastel était probe, actif, intrépide et connaissait l'art de la guerre. Malheureusement pour l'entreprise, au service de laquelle « ces trois hommes mettaient leur génie, leur nom et leur bravoure, venait s'en mêler leur ambition personnelle; nul ne se reconnaissant un supérieur, chacun croyait avoir le droit au commandement, bien différents, à cet égard, des chefs camisards qui n'ambitionnaient d'autre gloire que celle de servir leur cause. Chacun donc des trois chefs agissait de son côté; La Bourlie s'attachait Tobie Bocayrol; de Miremont, Flottard; de Belcastel, Villas, jeune Cévenol, plein d'avenir et d'enthousiasme. Leur Dut était d'envoyer dans les Cévennes des agents pour y soulever les populations, pendant qu'une flotte anglo-hollandaise jetterait une petite armée sur les plages du Languedoc \ Le marquis de Miremont envoya à Genève son agent Flottard, afin de sonder les dispositions des chefs des réfugiés camisards, et les engager à rentrer en France. Flottard arriva en Suisse un peu avant Cavalier , fit des ouvertures à Catinat et à quelques autres; il leur offrit de l'argent, et leur promit des secours de la part de la Hollande et de l'Angleterre. Catinat, que le repos fatiguait, franchit la frontière suisse , traversa le Rhône, gagna les Cévennes, où la nouvelle de son arrivée causa de vives alarmes à Bàville, qui mit ses régiments sur pied. Castanet quitta Genève peu de temps après, et, des hauteurs du Vivarais, s'achemina vers l'ancien théâtre de ses exploits; il avait avec lui deux hommes déterminés, Valette de Vais etBoyer des environs de Vallon ; ils franchirent ensemble l'Ardèche et la Cèze, et arrivèrent à Rivière, où ils furent dé-