Yoy. le 6e volume de cette Histoire, liv. XLII, g xvi
2. Lambert, Mémoires du dix -huitième siècle, t. III, p. 237 et suiv. — Mémoires du marquis de Guiscard.
nonces par des paysans. Le capitaine Muller les arrêta, fit couper la tête à Boyer, conduire Valette et Castanet à Montpellier, et contraignit ce dernier à porter la tête sanglante de Boyer. C'est ainsi que le Prince de l'Aigoal fit son entrée dans cette ville d'où il ne devait plus sortir.
Son procès n'eut lieu que pour la forme, le chef camisard le savait : intrépide sur les champs de bataille, il le fut sur la sellette de torture, où les douleurs les plus atroces ne purent faire sortir de son cœur le secret qu'il y avait enseveli. Douze mille personnes assistèrent à son supplice et témoignèrent, par leur présence, de l'importance du prisonnier; deux prêtres voulurent l'assister à ses derniers moments, et l'importunèrent de leurs obsessions.
«Retirez-vous, sentinelles de l'abîme, leur dit le camisard, que venez-vous faire ici, maudits tentateurs?
— Vous consoler dans vos souffrances,» lui répondit dit l'un d'eux.
Castanet se tourna vers le bourreau : «Achève ton ouvrage,» lui dit-il.
Le prêtre insista.
«Encore!» s'écria le camisard impatienté. Le prêtre insista de nouveau.
Castanet, d'une voix qui fut enfin comprise, lui dit : «Je veux mourir dans ma religion, parce que j'y suis né.»
Le bourreau s'empara du patient; et lui, ferme comme un roc, mourut comme il avait vécu, sans crainte et sans terreur.1
Bâville, malgré le désir qu'il avait de tout diriger par lui-même, et qui n'aimait pas à côté de son autorité avoir une autorité rivale, fut cependant contraint de demander à la cour un commandant militaire; elle lui envoya le maréchal de Berwick.
Jacques, duc de Berwick, était fils naturel de Jacques II et d'Arabella Churchill, sœur du célèbre Marlborough. Né d'une mère protestante, il avait été élevé dans la religion
1. Louvreleuil, t. IV, p. 9 et suiv. — Brueys, t. IV, p. 236 et suiv. — Court, t. III, p. 112 et suiv.