‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 42 sur 263 · Fils du roi et de Mme de Montespan · texte numérisé non relu

Fils du roi et de Mme de Montespan

origine, de l'assimiler, ainsi que son frère, le comte de Toulouse, aux princes du sang, et de les déclarer aptes à succéder à la couronne. Il osa plus encore :1e 23 mai 1715, il voulut qu'on attribuât aux deux frères la qualité de fils de France. Le Parlement obéit. A la vue de ces conseillers en robe rouge qui tremblent devant le vieux sultan de Versailles , et sanctionnent les éclatants scandales de sa vie, on a droit de se demander si les Français savent avoir du courage ailleurs que sur un champ de bataille, et si ce mot cruel de Paul-Louis Courrier n'est pas vrai : « Français, vous êtes le plus valet de tous les peuples.» C'est la rougeur sur le front que nous traçons ces lignes, tout en nous disant, avec un légitime orgueil, que le grand roi n'aurait pas obtenu d'une cour huguenote, ce qu'il obtint d'une ccuir catholique. Revenons à Mn,e de Maintenon; sa tâche auprès de son vieil époux devenait de plus en plus difficile, il résistait à ses obsessions, et ne voulait pas faire de testament, sachant qu'il en serait de ses dernières volontés comme de celles de son père et de son aïeul; il voulait épargner cet affront à sa mémoire, et peut-être aussi sentait-il instinctivement que ceux qui lui demandaient de faire son testament, prévoyaient sa mort prochaine. La marquise, voyant la résistance qu'il opposait à ses désirs, le fit travailler par son médecin et son confesseur, et mit le vieux marquis de Villeroi, ce type accompli du courtisan, dans sa confidence. Attaqué par tant de côtés, au confessionnal par Letellier, à son chevet par Fagon, dans les conversations intimes par Villeroi, Louis était poursuivi comme un cerf par des chasseurs; mais lui, toujours convaincu que ses dernières volontés ne seraient pas respectées, n'écrivait rien, ne signait rien. Mme de Maintenon eut. alors recours à une ruse odieuse qui lui réussit: elle et ses aides, c'est Saint-Simon qui le rapporte, se firent un visage taciturne et glacé; Versailles, déjà si sombre, s'assombrit encore. Quand le roi paraissait, ils gardaient le silence; s'il leur adressait la parole, ils répondaient par monosyllabes; quand il se taisait, tous restaient muets. Le roi s'irrita de celte conspiration du silence, le silence seul lui répondit », il céda de guerre lasse,

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