‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 76 sur 263 · LIVRE XLVI · texte numérisé non relu

LIVRE XLVI

après avoir décrit le ministère du prince de Coudé , dont elle fut pour ainsi dire le moule , de juger plus profondément son caractère et son influence. On remarquera peutêtre , comme un jugement de la Providence, le sort des trois monuments qui subsistent de l'administration de M. le régent. Il achela le diamant de Pitt, auquel son nom demeure attaché; il fonda à la Louisiane la Nouvelle- Orléans; il occupa l'île de France et fit de cet écueil stérile un port et une colonie. L'île de France a passé dans la main des Anglais , la Nouvelle-Orléans est au pouvoir des Américains , mais nous avons gardé le diamant. » 1

Sous le gouvernement du régent et de Dubois , les protestants jouirent d'un repos relatif; des assemblées furent cependant écharpées; les galères se peuplèrent de quelques forçats; la tour de Constance, de quelques prisonnières ; les prédicants Hue et Vesson furent exécutés à Montpellier, et le jeune pasteur du désert Etienne Arnaud scella sa vie par un glorieux martyre, à Alais, le 22 janvier 1718.

Après l'exécution d'Arnaud , l'événement le plus saillant de l'histoire du protestantisme sous la Régence fut la surprise d'une assemblée qui se tint dans un lieu appelé le Torrent du Cadereau2, dans la nuit du 14 au 15 janvier 1720. Cinquante personnes furent arrêtées et enfermées au fort de Nîmes ; trois furent condamnées aux galères et dix-neuf à être exportées au Mississipi. La Rochelle fut désignée pour le lieu où ces infortunés, parmi lesquels se trouvaient deux femmes et une jeune fille , devaient être embarqués.

«Le jour de leur départ (14 juin), raconte Court3, on les fit asseoir par terre et on les attacha à une chaîne formidable dont le poids aurait fait fléchir les Rodomons et

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