Localité située près de Nîmes
3. Relation historique des horribles cruautés exercées envers quelques protestants de France, pour avoir assisté à une assemblée tenue près de Nîmes. — Bulletin de la Société de l'hist. du protest, franc., t. IV, p. 143 et suiv.
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les Goliaths les plus robustes. Une autre chaîne d'une égale grosseur, partant de celle-ci, aboutissait à un anneau, large de six doigts et épais de deux , qui leur ceignait le cou et qui les forçait , malgré eux , à regarder le ciel , comme pour y demander justice , disons plutôt pour solliciter, à l'exemple du Sauveur, les compassions divines en faveur de ceux qui étaient la cause de leurs maux.
«Étant arrivés à un petit village, appelé le Colombier, éloigné de deux lieues de Montpellier, on les logea dans une écurie; comme des animaux harassés de fatigue, ils s'assirent dans la liente des bêtes , ne leur étant pas permis ailleurs. S'étant un peu reposés et ayant pris leur réfection , ils se remirent en marche et arrivèrent sur le soir à Lunel. C'est dans cet endroit qu'un logement de même nature que celui du Colombier les attendait. On les y plaça pour les y faire passer la nuil. Obligés d'y coucher, ils demandèrent, mais inutilement, un peu de paille pour couvrir les excréments des animaux. Ceux qui ont des chevaux de louage, quelque peu de soins qu'on dise qu'ils en aient, ont toujours celui de leur donner de la paille pour litière ; mais le commandant de l'escorte , regardant nos confesseurs comme au-dessous de ces bêtes, les estima indignes de goûter cette douceur. Contraint qu'on était par une lassitude extrême de prendre un peu de repos, on se résolut de coucher sur la fiente , mais comment faire pour se coucher ? 11 fallait que toute la chaîne le fit dans un même moment, autrement la chose était impossible. Etait-on couché, pour avoir du repos, il aurait fallu être réduit à l'état de ceux qui dorment dans le cimetière, car le moindre mouvement que l'un se donnait réveillait nécessairement l'autre, qui était attaché avec lui , par la douleur que lui causait la chaîne , qui aboutissait à la sienne et qui produisait une veille forcée qui , bien qu'involontaire, ne laissait pas que de produire un effet presque aussi fâcheux que celles dont Rapine et ses semblables tourmentèrent nos pères dans le siècle passé. »
Le 22 juin, ils arrivèrent à Lyon, où, après un séjour de douze jours , ils furent incorporés à la chaîne de Bourgogne et envoyés avec les forçats à Roanne , d'où ils descendirent la Loire jusqu'à Saumur ; le 1er août ils