‹ Histoire de la réformation française (volume 3)Chapitre 87 sur 263 · VI · texte numérisé non relu

VI

S'il ne se fût agi que de sa personne, Court eût dédaigné ces viles calomnies ; mais comme elles avaient pour objet

de discréditer son ministère, il crut devoir se défendre. Il le fit simplement, noblement, dans une lettre qu'il adressa (juillet 1728) à Duplan : «Prétendre, lui disait-il, que ma Rachel, ou que les plaisirs de l'exercice dont on vous a parlé, me soustraient à mes nobles fonctions, c'est en attribuer la cause à des objets qui y contribuent peu. Non, des choses trop importantes roulent sur mes bras pour me livrer à de vains amusements; ln connaissance que vous avez de ma conduite, jointe au journal que je vous envoie d'une tournée missionnaire que je viens de faire, et qui, commencée le 4 mai, n'a fini que le 5 de ce mois, sont des. moyens plus que suffisants pour confondre les infidèles rapports que l'on vient de faire sur mon compte.»

Après cet exposé, Court fait à Duplan le récit de ses travaux.

«Le 4 mai, lui dit-il*, je me mis en campagne et j'assemblai, dans la nuit, les Égiises de Nîmes, de Caveirac et de Milhaud; l'assemblée fut nombreuse, et surpassa en cet endroit toutes celles qui s'y étaient faites auparavant, bon nombre de nouveaux embarqués n'y contribuèrent pas peu; tout y fut tranquille, quoique deux catholiques romains qui se tenaient à l'affût, ne manquèrent pas d'en avertir de grand matin l'évêque de Nîmes et les officiers du château; mais cela n'eut aucune suite; il n'y eut que les missionnaires qui firent du vacarme, puisque l'un d'eux osa publier en chaire que le prédicateur du désert avait fait plus de mal dans une seule nuit, qu'eux n'avaient fait de bien dans toute leur mission.

« Le mercredi 5 , j'assemblai l'Église de Calvisson et celles de son voisinage ; je me transportai ensuite du côté de Sommières, où je réunis, le vendredi 7, les fidèles de cette Église, avec ceux de Lunel et de Massillargues ; bon nombre de gens de distinction, qui n'avaient pas encore paru , firent ce jour-là leur première sortie ; si une seconde assemblée eût suivi de près celle-là , selon toute apparence, les catholiques seraient restés seuls; mais n'est-il pas écrit : Soyez prudents.

«Le dimanche suivant 9, je convoquai les Églises de Vauvert et de Beauvoisin. Les précédentes assemblées

\. Nous donnons le récit de Court en abrégé.

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