‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 104 sur 258 · Haag, France protestante. — Mémoires de Duplessis-Mornay · texte numérisé non relu

Haag, France protestante. — Mémoires de Duplessis-Mornay

libre d'adorer Dieu selon sa conscience, changea toutes ces brillantes perspectives. L'enfant fut retiré du collège de Lizieux, et rentra dans lu maison paternelle, où il fut frappé du sérieux qui y régnait; sa mère, ses trois frères et ses deux sœurs faisaient leurs prières à la mode de Genève. Philippe, dont l'esprit était grave et réfléchi, voulut connaître la cause de ce changement dans les habitudes de sa famille; naturellement il fut amené à comparer^ nseignement des réformés avec ceux des catholiques romains, et pour juger des différences, il prit la Bible. Le jour où la lumière se fit dans son esprit, il n'hésita pas; il renonça, pour l'amour de la vérité, à toutes les grandeurs de la prêtrise romaine, se sépara des persécuteurs et se joignit aux persécutés.

Après quelques mois de séjour au sein de sa famille, Philippe retourna à Paris pour y achever ses études ; il y était à peine arrivé que la première guerre éclata; il retourna à Buhi où il tomba gravement malade. Après la paix d'Amboise il reprit le cours de ses études ; secondé par une grande facilité et une ardeur sans égale , il devança tous ses camarades et s'acquit un grand renom sur les ]3ancs de l'école.

Quand la seconde guerre civile éclata, Mornay, quoiqu'il eût à peine dix- huit ans, voulut, comme la plupart des jeunes gentilshommes, courir le hasard des combats. Sa mère s'y opposa d'abord; à force d'instances, il vainquit sa résistance et quitta le manoir paternel; mais en route il fit une chute de cheval et se cassa la jambe en deux endroits. Contraint par cet accident à un repos forcé , il employa ses loisirs à déplorer les guerres civiles de la Francedans un poëme qui s'est perdu.

Après la paix de Lonjumeau, qui suivit la bataille de Saint-Denis et le siège de Chartres , Mornay obtint la permission de voyager à l'étranger; il visita une grande partie de l'Europe et compléta ainsi son éducation. Les temps dans lesquels il vivait, étaient de ceux qui mûrissent vite les âmes droites et généreuses. Philippe possédait déjà j une gravité qui s'alliait avec les élans les plus enthousiastes du cœur. De bonne heure il apprit à haïr Philippe II dont l'influence se révélait en France et dans les Flandres surtout d'une manière si sinistre. — Quelques jours avant la

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