Henri Martin, t. IX. p. 3:>3. (Édit. de
parti huguenot ne serait pas abattu; il fallait l'anéantir sous les remparts de la ville rebelle ; mais l'homme dans laquelle elle avait placé sa confiance était celui qui devait rendre sa tâche plus difficile, car tout en négociant continuellement la paix, Lanoue communiquait son ardeur à ses coreligionnaires, et par les travaux de défense qu'il faisait exécuter, préparait aux troupes du roi un siège long et difficile. Dans sa tâche il était aidé par le maire de la ville, Jacques Henry, homme de courage, de tête et de résolution ; et pour tenir sans cesse la population en haleine , la Rochelle avait cinquante ministres qui décuplaient par leurs discours énergiques la force des assiégés, dont chacun devenait une muraille vivante.
Le 11 février 1573 le duc d'Anjou vint prendre le commandement des troupes royales; il fut précédé dans ce nouveau poste par tout le bruit que la victoire de Jarnac et de Moncontour avait jeté autour de son nom1; une noblesse nombreuse et qui brûlait du désir de se distinguer, se groupait autour de lui ; mais elle était mal commandée; privé de son conseiller Tavannes, qui se mourait dans son gouvernement de Bourgogne, le prince, abandonné à lui-même , ne savait que révéler sa nullité. Au lieu de dresser sa tente près des remparts de la ville , à la place d'honneur, il la dressa loin de la portée des boulets. Sa noblesse l'imita : c'était peu propre à donner du courage aux soldats. Les travaux du siège n'avançaient pas ; les Rochellois faisaient des sorties meurtrières pour les assiégeants2. Le duc d'Anjou, voyant ses assauts repoussés, eut recours aux négociations. Elles eurent lieu malgré l'opposition des ministres; mais elles n'aboutirent pas; d'un côté on n'offrait pas assez, de l'autre on demandait trop : puis la confiance manquait et les ministres, en faisant sans cesse retentir aux oreilles des assiégés le funèbre toc-