‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 111 sur 258 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

réformés et que , par un édit fidèlement observé, on établît une paix qui retirât la France de la tutelle humiliante et onéreuse de l'Espagne et assurât sa propre grandeur. Un roi huguenot ne pouvait être accepté, et ceux des réformés qui jugeaient sainemement de l'état des choses, ne pensaient pas autrement.

Ce qu'il y a de tristement curieux dans cette page de notre histoire , c'est de voir protestants et catholiques se disputer la succession d'un roi de trente-quatre ans, et ce roi , vieillard avant l'âge , assister lui-même d'avance à ses propres funérailles. Mais ce roi avait, avant le temps, épuisé en lui presque toutes les sources de la vie; on s'attendait généralement à le voir prochainement mourir ou devenir fou. Guise, en vue de cette grave éventualité, avait pris ses précautions : dans les États généraux qui s'étaient tenus en 1576, sous l'influence de ses créatures, l'assemblée deBlois avait rendu une décision notable. « La profession de la religion catholique, disait-elle, n'estpas seulement l'ancienne coutume , mais la principale et fondamentale du royaume ; celles-ci , d'autant qu'elles ne peuvent être faites qu'en géné- | raie assemblée de tout le royaume , aussi elles ne peuven t être changées qu'avec le consentement et V accord des trois Etats; la religion catholique, en sa naissance au temps de Glovis, n'a été reçue à la volonté des rois, mais consentie et approuvée en générale assemblée des trois États; et est la couronne de France si conjointe à la religion catholique, que les sujets ne sont tenus d'obéir aux rois qu'après leur sacre, les États du royaume ne vouant fidélité au roi i qu'aux conditions de son premier serment. 1 »

Cette décision des États de Blois était une réponse faite a l'avance aux prétentions du Béarnais qui en appelait au droit divin des rois. Guise , qui s'en prévalait contre lui , ptait dans le vrai quand il en appelait aux États, c'est-àiire à la souveraineté populaire; mais ce même homme nui, au nom du peuple, ne voulait pas un roi huguenot, (Hait prêt à repousser le Béarnais converti au catholicisme. Dour Guise, comme pour ce dernier, l'intérêt était le pre- ' nier des droits : sa lettre au duc de Nevers ne laisse aucun ioute à cet égard.

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