‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 113 sur 258 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

sait d'un adversaire redoutable. Charles IX avait donné le collier de Tordre de Saint-Michel à Maurevert, l'assassin de Moui et de Coligny; le roi catholique anoblit ta famille de Gérard.1

En France, la vie. du roi de Navarre courut de grands dangers. Tous les aventuriers savaient que Philippe II leur payerait chèrement sa tête s'ils la lui apportaient. Un jour il ml empoisonné sur sa propre table : la dose du poison s'étant trouvée trop faible, il n'eut qu'une légère indisposition. Quelques jours après, l'empoisonneur lui tira un coup de pistolet ; il le manqua et se déroba aux poursuites'. Deux autres fois sa vie fut en danger; les assassins se croyaient des libérateurs, et la potence qu'ils avaient en perspective n'était à leurs yeux qu'un marche-pîed pour le ,: :. il n'est pas de plus dangereux meurtrier que celui qui ne voit dans son poignard qu'une clef pour lui ouvrir les portes du paradis. C'étaient des meurtriers de ce genre qui étaient au service du roi d'Espagne et du pape : les disciples de Loyola étaient leurs éducateurs.

En Angleterre, "William Parry , après avoir consulté les jésuites, forma une conspiration pour assassiner Elisabeth. Elle fut découverte dans le mois de février 158-i; le 2 mars Parry fut exécuté publiquement à Londres. Les Anglais, dans leur juste indignation, firent traduire en français la relation du procès et du jugement «pour que les grands, se rendant sages, apprennent à se donner de garde de ceux qui s'approchent d'eux, et ce d'autant plus que ce siècle malheureux est effronté en trahisons et empoisonnements.)) 3

Au milieu de toutes ces scènes de bravi , qui s'expliquent d'elles-mêmes par ce que nous avons dit des fausses et dangereuses doctrines qui avaient cours, Henri III louvoyait entre les partis, méprisé de tous. Les ligueurs l'accusaient hautement de trahir la religion : il avait consenti

1. Watson, Vie de Philippe TI, liv. XVII, p. 294. — Bentivoglio , partie II, liv. II, p. 56. — Micheiet, Henri IV et la ligue.

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