‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 116 sur 258 · L'Estoile, année · texte numérisé non relu

L'Estoile, année

2. Davila, liv. VII. — Traités de paix, t. H, g 178, p. 499. — Flsssaus, Histoire de la diplomatie française, t. II, p. 121.

Le cardinal, en échange de la promesse d'un trône,

f>romettait la ratification du traité de Câteau-Cambrésis, 'extermination complète des huguenots , la réception du concile de Trente, c'est-à-dire qu'il livrait la France au pape et à l'Espagne.

Philippe II , à son tour, promettait de l'or et des soldats1. On convint que le traité demeurerait momentanément secret et que les agents les plus habiles et les plus dévoués de la ligue travailleraient à son extension : elle était déjà fortement constituée. Des catholiques ardents, plus zélés qu'éclairés, des gentilshommes plus fidèles à la fortune qu'au devoir, des aventuriers qui attendaient d'un bouleversement social ce qu'ils n'avaient pas su obtenir par une vie honnête et laborieuse , formaient son noyau : un comité secret fonctionnait à Paris et se réunissait tantôt dans un lieu , tantôt dans un autre , communiquant son ardeur à tous les comités de province, dont il était le centre et la vie. Chaque membre de celui de Paris avait sa charge spéciale : l'un agissait sur les conseillers à la cour des comptes, l'autre sur les procureurs; celui-ci sur les mariniers de la rivière, celui-là sur les potiers. Ils englobaient ainsi dans un vaste réseau des hommes de tout rang, de tous états , de toute condition ; à chacun on parlait son langage, à tous on présentait ses intérêts. La religion menacée était le grand cheval de bataille des missionnaires de la Sainte-Union. Quand ils voulaient faire entrer un nouveau membre dans la société: «Henri III, lui disaient-ils, s'est allié avec le Béarnais ; dix mille huguenots sont cachés dans le faubourg Saint-Germain : ils n'attendent qu'un signal pour égorger les catholiques»; on se laissait prendre à ces paroles. La peur leur procurait plus d'adeptes que la raison et le bon sens. 3

Les circonstances étaient favorables pour entretenir la terreur dans les esprits: c'était le moment où Elisabeth, irritée de se voir exposée sans cesse aux poignards des catholiques , faisait rendre par son parlement des lois dures

1. Davila, liv. VU. — Traités de paix, t. II, § 178, p. 499. — Flassans, Histoire de la diplomatie française, t. II, p. 121.

2. Procès-verbal de Nicolas Poulain, à la suite des Mémoires de L'Estoile.

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