‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 118 sur 258 · Menard, Histoire de Nîmes, 1754, in-4°, t. V, p · texte numérisé non relu

Menard, Histoire de Nîmes, 1754, in-4°, t. V, p

adopter au nom de la raison et de la légalité méconnues»; à Lyon le jacobin Colo lui prêtait le secours de sa parole et Claude Mathieu celui de ses pieds. Coureur infatigable, ce jésuite allait de Paris à Madrid, de Madrid à Rome, de Rome à Madrid, la plante de son pied n'avait aucun repos : on le nomma le courrier de la ligue. A Rouen, à Orléans, à Toul, dans la plupart des bonnes villes la chaire donnait des affiliés à la sainte union. A Châtillon on jugea la Parole insuffisante, et pour enflammer les esprits, on fit représenter dans un mystère le combat de David avec Goliath: naturellement David symbolisait Henri de Guise.*

Dans cet état de désorganisation sociale , le vide se faisait autour du roi : ses amis l'abandonnaient; il n'avait autour de lui que sa vieille mère, et ses mignons devenus l'objet de l'exécration publique. Dans la disposition des esprits, il ne fallait qu'une occasion aux ligueurs pour lever le masque. Cette occasion se présenta bientôt.

Les ambassadeurs des provinces unies arrivèrent à Paris pour offrir à Henri III la souveraineté de leur pays et le reconnaître pour leur roi. En l'apprenant, Mendoza manifesta la plus vive indignation : «ce sont, dit-il à Henri III, des rebelles à Dieu et à leur roi , vous ne devez pas les admettre en votre présence.»

Blessé du ton impérieux de l'ambassadeur espagnol , le roi lui repondit avec beaucoup de noblesse, qu'il ne voyait dans les Flamands que des opprimés et des malheureux, et qu'il ne renierait pas à leur égard la généreuse pitié qui avait toujours été le caractère distinctif de ses ancêtres.3

Le 42 février 1584, il leur donna audience, les accueillit avec beaucoup de bienveillance; promit de s'intéressera leur sort et demanda quelques jours de réflexion. Vers la fin de mars il leur donna une nouvelle audience , leur ex-

f)rima le regret de ne pouvoir accepter leur proposition et es engagea à s'adresser à la reine d'Angleterre. 4

1. N. Lelong, Histoire du diocèse de Laon, 1783, in-4°, p. 449

2. Charles Labitte, De la démocratie chez les prédicateurs de la ligne, cliap. Ier, l 3, p. 2G-27.

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