‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 128 sur 258 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

Sixte, soi-disant pape (sauf sa sainteté) en a faussement et malicieusement menti, et que lui-même est hérétique, ce qu'il fera prouver en plein concile libre, légitimement assemblé. Proteste cependant de nullité et de recours contre ce prétendu pape Sixte et ses successeurs pour ré-

Îjaration d'honneur de l'injure qui lui est faite et à toute a maison de France ; espère que Dieu lui fera la grâce de venger l'injure faite à son roi, à sa maison, a son sang et à toutes les cours de parlement de France , sur lui (Sixte) et ses successeurs ; implore à cet effet l'aide et secours de tous les princes, rois, villes et communautés auxquels ce fait touche ; aussi prie tous alliés et confédérés de cette couronne de France de s'opposer avec lui contre la tyrannie et usurpation du pape et des ligués conjurateurs en France, ennemis de Dieu , de l'État, de leur roi et du repos général de toute la chrétienté. 1 »

Le premier sentiment de Sixte V fut un sentiment de colère , le second d'étonnement, le troisième d'estime pour ! homme qui avait le courage de se rire de ses bulles. Félix Perretti était violent, orgueilleux, mais il avait une âme grande. Hardi lui-même , il savait autant estimer ceux qui lui résistaient en face , qu'il méprisait ceux dans lesquels ne voyait que des valets couchés à ses pieds. Il augura donc bien, dit Henri Martin, de la fortune d'un prince qui rendait si vaillamment coup pour coup, et trouvait des serviteurs si dévoués et si hardis5. Aussi violent, mais moins généreux que Pie V, Sixte V ne donna aux ligueurs que ses foudres et ses excommunications et leur refusa ses hommes et son argent, qu'il eût donnés à Henri III , si le roi eût agi dans la plénitude de sa volonté. Chez ce monarque il méprisait l'homme et plaignait le prince; il craignait que, lassé des humiliations dont les ligueurs l'abreuvaient en se servant de lui comme d'un jouet, il ne se portât à quelque extrémité. «Je ne dis rien, disait-il à un gentilhomme, que sur la connaissance que j'ai du naturel du prince. Je crains bien fort que l'on pouss? les choses si avant, qu'enfin le roi de France, tout catho< lique qu'il est, ne se voie contraint d'appeler les hugue-

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