‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 129 sur 258 · Henri Martin , liv. X , p · texte numérisé non relu

Henri Martin , liv. X , p

nots à son secours pour le délivrer de la tyrannie des catholiques1. Sixte V voyait bien et juste; l'avenir se chargea de traduire ses appréhensions en réalité.

La position du roi était très-difficile: son parlement» avec ses idées gallicanes, lui aliénait Sixte V; son union avec les ligueurs ne lui rendait pas ces derniers favorables : les protestants, il les haïssait instinctivement et ne voyait en eux que des révoltés, quand il aurait pu avoir en eux ses plus fidèles sujets, s'il eût été un observateur fidèle des édits qui établissaient leurs droits et devoirs réciproques. Il haïssait donc autant les ligueurs que les huguenots. Ce fut cette disposition d'esprit qui lui donna l'idée d'affaiblir un parti par l'autre, afin de rétablir son autorité sur leurs débris ; pour calmer l'ardeur du peuple , il résolut de faire traîner la guerre en longueur, ce qui était le moyen assuré de la lui rendre insupportable; la nécessité faisait de Henri III le premier intrigant de son royaume.

Le 11 août il commença à mettre en pratique ce qu'il avait résolu en lui-même : il convoqua au Louvre le premier et le second président du parlement , le prévôt des marchands, le doyen de la cathédrale et le cardinal de Guise. Il les accueillit avec un visage sévère, leur déclara

Sue puisqu'on l'obligeait de rompre avec les protestants, fallait aussi l'aider à leur faire la guerre ; «Or, pour cela, leur dit-il, il faut de l'argent, et je n'en ai pas.» Puis, s'adressant successivement à chacun d'eux: «Vous, Monsieur de Harlay, dit-il au premier président, je vous loue du consentement que vous et vos collègues avez donné à la publication de mon édit ; mais il faut que vous vous résolviez à ne plus recevoir mes gages, et la guerre commencée, j'aurai les oreilles bouchées pour ce regard. Pour vous, prévôt des marchands, je vous en dis autant pour ce qui est des rentes de l'hôtel de ville , et vous commande d'assembler demain la ville et lui faire connaître le besoin que j'ai d'avoir de l'argent. On fait beaucoup de réjouissances de la publication de l'édit, j'entends qu'on me four-

J. Mémoires du duc de ftevers, t. Ier, p. 666.

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