‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 141 sur 258 · L'Estoile, année · texte numérisé non relu

L'Estoile, année

Dans ce moment, le protestantisme était moins menacé en France, dans la personne du Béarnais, que dans celle de la reine d'Angleterre. Élisabeth, par l'art admirable avec lequel elle avait gouverné son royaume, était devenue la grande puissance de la Réforme; elle debout, la belle œuvre des Luther, des Calvin et des Knox demeurait debout. Philippe II, avec cet instinct que donne la haine, le sentait depuis longtemps, et pendant qu'en France les partis religieux ne réussissaient qu'à troubler le royaume , sans résultat, il méditait en silence la perte de l'Angleterre. A cette œuvre de foi il consacrait des sommes immenses et préparait son invincible Armada; mais pendant qu'il méditait une descente en Angleterre, il ne négligeait pas, à l'égard d'Elisabeth, les moyens qui lui avaient si bien réussi avec le prince d'Orange. Laissons donc un moment le fil des événements et transportons-nous en Angleterre , dans le château de Fotheringay, où se dénoue un drame terrible et touchant. Nous n'avons pas oublié cette charmante et criminelle reine que l'indignation de ses sujets précipita d'un trône dans un cachot, à la fleur de l'âge, dans tout l'éclat de la beauté et le prestige du pouvoir. A dater de ce moment sa vie ne fut qu'une série non interrompue de déceptions, d'intrigues et de douleurs. Après avoir essayé de remonter sur son trône, Marie Stuart, vaincue dans un champ de bataille, alla demander un asile à l'Angleterre et n'y trouva qu'une prison.

Prisonnière d'Elisabeth , Marie obtint la sympathie des catholiques, qui oublièrent l'épouse adultère et homicide et ne virent en elle qu'une reine purifiée par de longs malheurs. Sa délivrance devint l'objet d'un grand nombre de tentatives, qui préparèrent sa perte et livrèrent au bourreau les têtes de plusieurs de ses partisans. Le duc de Norfolk, qui s'était rendu amoureux d'elle, fut sujet rebelle et^paya de sa vie le dessein qu'il avait formé de détrôner Élisabeth et de mettre à sa place Marie Stuart dont il devait devenir l'époux.

La prisonnière était pour le peuple anglais un danger permanent. Si son sort eût dépendu de sa volonté, il Tau-

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