Procès- verbal, p. 37 et suiv
gnité de l'homme et au développement de ses facultés , el en définitive à la stabilité des États. Les ligueurs étaient donc maîtres à Blois..., la lutte ne pouvait exister entre eux et les protestants, qui avaient été exclus du vote, elle allait avoir lieu entre les guisards et les politiques ; mais ces derniers n'avaient pas même l'une de ces petites minorités auxquelles dans les temps modernes, nous avons donné le nom d'opposition. Le roi sentit son isolément et sut ensevelir dans son cœur ses craintes et ses ressentiments.
Le vrai,maïtre de Blois était Guise. Le jour de l'ouverture des États (16 octobre), il parut au milieu de l'assemblée, assis devant le trône auquel il tournait le dos, et en face des députés. «Il était, dit un témoin oculaire, en sa chaise habillé de satin blanc à la Bizarre , perçant de ses yeux toute l'épaisseur de l'assemblée, pour reconnaître et distinguer ses serviteurs, et d'un seul élancement de sa vue, les fortifier en l'espérance de l'avancement de ses desseins, de sa fortune et de sa grandeur, et leur dire sans parler, je vous vois. Ensuite il se leva, et après avoir fait une grande révérence, suivi de deux gentilshommes et capitaines des gardes, il alla quérir le roi, lequel entra plein de majesté , portant son grand ordre au col. » 1
Henri III prit la parole au milieu du plus profond silence et parla moins en maître qui se plaint qu'en accusé qui se justifie. Il ne fut réellement éloquent que quand il protesta de son amour inaltérable pour la religion catho-» lique et de sa haine pour la Réforme. « Se trouvera-t-iï donc, s'écria-t-il, des esprits si peu capables de la vérité, qu'ils puissent croire que nul soit plus enflammé à voir leur totale extirpation (des huguenots) que moi, étant rendus de plus certains effets que les miens? De qui est-ce que les hérétiques occupent et dissipent le patrimoine? De qui est-ce qu'ils épuisent les rentes? De qui aliènent-ils les sujets? de qui méprisent-ils l'obéissance? de qui est-ce qu'ils violent le respect, l'autorité et la dignité? etjedési-