Davila,liv. X,p
Jamais en 1793, aux heures de leur terrible ivresse, les Jacobins ne prêchèrent plus hardiment et plus nettement
ordonne l'obéissance aux puissances établies. Enflammé par les paroles de ses prédicateurs , le peuple brisa partout les armoiries royales, les jeta dans les ruisseaux de ses rues , les foula aux pieds et les couvrit de boue. Le lendemain , les hommes des barricades reprirent leurs dagues , parcoururent la ville en poussant des cris de mort. Armés de marteaux , ils entrèrent dans l'église de Saint-Paul et y mutilèrent les honteux mausolées de marbre que le roi avait élevés à ses mignons. 1
Dans l'église Saint-Barthélemy le curé Guincestre se distingua de tous ses confrères par la hardiesse de ses apostrophes contre le roi. Debout, sur sa chaire, il commande à ses auditeurs du geste et de la voix; il veut que chacun promette de verser jusqu'à la dernière goutte de son sang pour venger la mort des deux frères assassinés : «Levez la main, s'écrie-t-il. » Un seul homme, Achille de Harlay, fait semblant de ne pas l'entendre. «Levez la main, Monsieur le président , lui crie Guincestre d'une voix tonnante, levez-la bien haut.» Le président la leva. «Ce n'est pas assez haut, Monsieur le président, levez-la encore plus haut, afin que le peuple vous voie3. » Achille de Harlay eut peur. Dans une position plus critique, Boissy d'Anglas montra plus de force d'âme.
Les politiques, les riches surtout, furent déclarés complices de l'assassinat de Blois ; les ligueurs se ruèrent sur eux, les insultèrent, les outragèrent, les pillèrent, et leur or, extorqué violemment, remplit les caisses vides du duc d'Aumale et des Seize. Dans son enthousiasme, chaque ligueur voulut contribuer au bien de la sainte union; la colère les rendit prodigues.
Les hommes de plume, les poètes surtout, ne laissèrent
Êas échapper une occasion si belle de se révéler au public, •es pamphlets, aujourd'hui pour la plupart oubliés, contre Henri III, circulèrent dans la ville et y entretinrent l'agitation ; tous poussaient aux armes et à l'assassinat.
le régicide
hommes d'église, auxquels l'Évangile