Lacretelle, Guerres de religion ., t. !IL
ment des injustices des catholiques à leur égard, pendant qu'une plume royaliste se vengeait en beaux et bons vers des fureurs de la ligue, en ridiculisant d'Aumale, parti en fuyard de Senlis; les voici :
A chacun nature donne Des pieds pour la secourir; Les pieds sauvent la personne; Il n'est que de bien courir.
Ce vaillant prince d'Aumale , Pour avoir bien couru , Quoiqu'il ait perdu sa malle, N'a pas la mort encouru.
Ceux qui étaient à sa suite Ne s'y endormirent point ; Sauvant par heureuse fuite Le moule de leur pourpoint.
Quand ouverte est la barrière, De peur de blâme encourir ; Ne demeure point derrière :
D n'est que de bien courir.
Courir vaut un diadème; Les coureurs sont gens de bien.
Tremont et Balagni même Et Congy le savent bien.
Bien courir n'est pas un vice ; On court pour gagner le prix :
C'est un honnête exercice :
Bon coureur n'est jamais pris.
Qui court bien est homme habile.
Et a Dieu pour son confort :
Mais Chamois et Maineville Ne coururent hissez fort.
Souvent celui qui demeure Est cause de son méchef :
Celui qui fuit de bonne heure, Peut combattre de rechef.
Il vaut mieux des pieds combattre, En fendant l'air et le vent , Que se faire occire ou battre, Pour n'avoir pris le devant