‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 222 sur 258 · Davila, liv. X · texte numérisé non relu

Davila, liv. X

Les deux armées se trouvèrent en présence à Arques , petit village situé à une heure de Dieppe et défendu par un château, qui lui servait de forteresse. Le roi s'établit dans le château d'où il embrassait d'un coup d'œil les mouvements de son armée et de celle de Mayenne. Ce dernier occupait une colline d'où il pouvait facilement faire jouer son artillerie , mais Henri avait, par des travaux habilement et promptement faits, donné à ses soldats pour champ de bataille, un camp retranché. Le combat commença mollement de la part des ligueurs, vivement du côté des troupes royales : une artillerie masquée et bien servie jeta le désordre dans l'armée de Mayenne. Le Béarnais se multiplia, il eut pendant cette célèbre journée, le courage d'un soldat, le sang-froid d'un tacticien et l'habileté consommée d'un capitaine. Tout le servit : sa position stratégique, le dévouement de ses braves huguenots, la confiance qu'il sut inspirer , le fds de Coligny qui arriva de Dieppe au moment décisif avec cinq cents arquebusiers qui expulsèrent du premier retranchement les lansquenets catholiques. Au soleil couchant, il put voir les nombreux escadrons de Mayenne fuir en désordre. Le général ligueur était autant étonné de son échec que le vainqueur l'était de son triomphe : la partie cependant était si inégale, un contre six!...*

L'historien qui aime à se rendre raison des événements qui occupent une large place dans la destinée des nations, ne comprend pas au premier abord , comment Mayenne , capitaine expérimenté, à la tête d'une armée, dont le chiffre, selon quelques historiens, s'élevait à trente -huit mille hommes, s'est laissé battre par l'armée du roi, qui n'aurait été selon quelques autres que de trois mille; en effet cela paraît étonnant , le fait cependant existe. Si nous en recherchons les causes , nous les trouvons principalement dans la personnalité des deux généraux en chef: l'un résolu à vaincre ou à mourir, jouait bravement son va tout;

t. De Thou, liv. XCVII. — Mémoires de la ligue, t. IV. — Péréfixe, liv. II. — Davila, liv. X.

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