‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 225 sur 258 · DeThou;Uv. XCYUL · texte numérisé non relu

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où il entra dans la nuit du 21 au 22 décembre à la lueur des flambeaux. Il fut reçu par les cardinaux de Vendôme, de Lenoncourt et par le parlement, ayant à sa tête le premier président De Harlay. Le lendemain, Jean Moncenigo, ambassadeur de la république de Venise, vint le complimenter et le reconnaître comme roi de France. Cet acte du sénat vénitien, dû à la puissante initiative de fra Paolo Sarpi, leur célèbre théologien, qui les avait représentés au concile de Trente , causa une grande joie à Henri IV et une profonde sensation en Europe ; il témoignait de l'affaiblissement dans lequel, depuis le désastre de l'Armada, Philippe II était tombé. Venise osait lui résister en face, une république catholique ne craignait pas de reconnaître pour roi de France un prince huguenot relaps et excommunié. Les cantons suisses protestants le reconnurent également pour le légitime successeur de Henri III; le sultan enfin, qui n'avait pas oublié sa défaite de Lépante, le saluait également roi de France, et lui écrivait une lettre dans laquelle on lit ces mots: « La renommée a été jusqu'à nous de la grandeur de ton courage et que Philippe d'Autriche tâche de te priver de la succession légitime qui t'appartient au royaume de France, en haine de ce que tu détestes les faux services des idoles très-déplaisantes au grand Dieu. Je te fais savoir qu'ayant eu horreur de cette cause , je veux prendre ta protection et te rétablir avec une puissance redoutable par tout le monde. » Joignant l'effet aux paroles, le grand-seigneur lui promettait de lui envoyer deux cents voiles à Aigues-Mortes. *

Le supplice du père Bourgoing , les succès de l'armée royaliste excitèrent au plus haut point la fureur des prédicateurs de Paris. Ils n'épargnèrent pas même Sixte-Quint. Philippe II Tavait prié d'excommunier les Vénitiens, coupables h ses yeux, d'avoir reconnu officiellement Henri IV. Le pontife ne se hâtant pas de répondre à sa pressante invitation, le roi catholique chargea ses moines de l'attaquer directement. Un jésuite espagnol , dont la société a pour

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