‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 235 sur 258 · I. I/Estoile, année · texte numérisé non relu

I. I/Estoile, année

mais; pour lui le but atteint était la seule gloire qu'il rechercha.*

Henri IV qui, jusqu'à ce moment , n'avait pas cru à l'arrivée du duc de Parme , fut terrifié en apprenant qu'il se rapprochait de Paris. Heureusement il ne demeurait pas longtemps sous le coup de l'abattement : nature éminemment élastique , il passait rapidement du découragement à l'espérance, et comme il savait que l'assurance du chef est la force du soldat, il se porta résolument avec toute son armée vers le bourg de Chelles, célèbre par son abbaye, situé à quatre lieues de Meaux. Son dessein était de livrer bataille à Farnèse, et de se délivrer par une victoire de ce terrible adversaire , dont un seul succès pouvait lui enlever plus que ce que le sort des armes lui avait fait gagner dans une année. Il brûlait donc du désir d'en venir aux mains : le duc de Parme, auquel il fit dire par un héraut de sortir de sa tannière de renard, et de venir lui parler en plein champ , lui répondit flegmatiquement : « qu'il n'était pas venu de si loin pour prendre conseil de son ennemi.»*

Huit jours se passèrent, sans que Henri de Bourbon pût décider Farnèse à accepter la bataille. Immobile derrière ses retranchements, le redoutable italien ne disait son secret à personne , et laissait son ennemi se consumer en vaines bravades. La position de ce dernier s'aggravait à vue d'œil, sa noblesse se démoralisait; la disette commençait à se faire sentir dans son camp : on parlait plus de décamper que de se battre. Dans cet intervalle , Parme , par une habile manœuvre , au moment où Mayenne semblait vouloir livrer bataille aux troupes royales, s'empara, le 8 sepembre, sous les yeux du roi, devLagny, petite ville située sur la Marne, qui commandait le cours de la Seine , jusqu'à Paris. Le blocus de la capitale fut rompu ; le général espagnol envoya aux Parisiens plus que des régiments ; il leur envoya du pain; ils étaient sauvés. » *

La position du roi, aggravée par la prise de Lagny et par la désertion qui affaiblissait sa petite armée, résolut de

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