‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 239 sur 258 · Weiss, Biographie universelle, t. XXXII · texte numérisé non relu

Weiss, Biographie universelle, t. XXXII

Si Farnèse ne fût pas retourné dans les Flandres , c'en était fait à vues humaines, de la couronne de Henri IV. Ce dernier n'aurait jamais pu pénétrer dans sa capitale , ni par la brèche , ni par la ruse. C'eût été un malheur immense pour le protestantisme et pour la civilisation; la France devenait la proie de Philippe II. Heureusement, Parme partit à la grande joie de Mayenne, qui subissait malgré lui la supériorité de son redoutable auxiliaire.

Le roi, en apprenant le départ du général de Philippe II, recommença la petite guerre contre les villes attachées au parti de la ligue. Il prit successivement Saint-Quentin, Corbin, Senlis, et tenta un coup de main sur la capitale, dans l'espérance que la hardiesse lui réussirait mieux que la famine. A Saint-Denis , sous les remparts desquels le duc d'Aumale , gouverneur de Paris, venait de trouver la mort en voulant s'en emparer, il se concerta avec de Vie et prépara une surprise contre les Parisiens. De Vie fit charger de sacs de farine quatre-vingts mulets dont chacun avait pour conducteur un soldat d'élite, déguisé en paysan; il se mit à la tête de sa troupe, et dans la nuit du 28 janvier (1591), il se présenta à la porte Saint-Honoré , demandant qu'elle lui fût ouverte ; son but était de s'en emparer et d'opposer une résistance opiniâtre aux ligueurs, jusqu'au moment où le roi arriverait pour le secourir; mais ces mouvements n'échappèrent pas à l'œil vigilant du marquis de Belin , gouverneur de Paris depuis la mort du duc d'Aumale. Il prit habilement ses précautions , ordonna qu'on refusât aux conducteurs de mulets l'entrée de la porte Saint-Honoré , sous le prétexte que le chargement de farines devait entrer dans la ville par Chaillot où des bateaux étaient prêts pour les embarquer. Le marquis se proposait en outre, de tomber à l'improviste sur le roi qui, avec le duc de Longueville et d'Épernon, était au faubourg Saint-Honoré, prêt à se précipiter vers Importe, dès que de Vie s'en serait emparé; mais ce dernier, en s'en approchant, entendit sonner le tocsin dans plusieurs des quartiers de Paris et un bruit semblable à celui de troupes qui s'ébranlent, parvint à ses oreilles. 11 ne douta plus de la découverte du complot; il donna ordre à ses conducteurs de mulets de rebrousser chemin, et fit avertir le roi qui, frémissant de colère et de dépit, donna le signal de la

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