‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 240 sur 258 · LIVRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXI

retraite. L'entreprise était manquée, la journée des farines avait pris date dans l'histoire1: les Parisiens accompagnèrent de leurs huées et de leurs moqueries les troupes royales qui décampaient. Ils virent dans l'échec du Béarnais un nouveau signe de la protection divine : le jour où il croyait surprendre Paris (28 janvier), on devait chanter un solennel Te Deum pour rendre grâces à Dieu de l'heureux avènement de Grégoire XIV au pontificat. On le célébra avec plus d'entrain, et il fut décidé que chaque année on fêterait l'anniversaire du 28 janvier 1591. 1

Le roi, pour se venger de l'affront qu'il avait reçu aux portes de sa capitale , se porta vers Chartres en donnant habilement le change à Mayenne , et fut sous ses remparts le 18 février. La ville opposa une vigoureuse résistance et ne tomba au pouvoir des assiégeants que le 12 avril suivant : ce fut une grande perte pour les ligueurs , Chartres étant l'un des forts débouchés pour l'alimentation de Paris. La prise de Château-Thierry par Mayenne ne fut qu'une légère compensation de l'échec éprouvé par la Sainte-Union.3

A dater de ce moment , la guerre se continua sans résultats positifs pour les deux partis; on prenait, on perdait des villes, un revers était compensé par un succès: en Languedoc, Montmorency était opposé à Damville, dans le Dauphiné, Lesdiguières au duc de Savoie, qui tout en ayant l'air de se dévouer pour la ligue, ne pensait qu'à son propre aggrandissement. En Bretagne, Lanoue était aux prises avec le duc de Mercœur qui voulait faire de cette province une principauté indépendante ; dans le Quercy et le Périgord, Pompadour et Montpezat battaient, mais sans grands résultats pour le roi, Ventadour et Themines, généraux de la ligue. 4

t. D'Àubigné, liv. III, chap. 9, p. 244. — De Thou, liv. (S, p. 775. — Davila, liv. XII.

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