‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 246 sur 258 · DU TROISIÈME VOLUME · texte numérisé non relu

DU TROISIÈME VOLUME

Note I, page 2.

Le nombre des morts est porté , pour Paris seulement , à dix mille. La plupart des cadavres furent jetés dans la Seine pour épargner le soin de les enterrer; mais il y en eut beaucoup qui restèrent aux environs de la ville , et le prévôt des marchands fut obligé de pourvoir à leur enterrement pour éviter la contagion. Voici ce qu'on lit, à ce sujet, dans le livre des comptes de la ville. Aux fossoyeurs des cimetières des Saints-Innocents, 15 livres tournois à eux ordonnés par mes dits sieurs, par leurs lettres de mandement du 9 septembre 1572, pour avoir leurs compagnons fossoyeurs, au nombre de huit suivant l'ordonnance et commandements de mes dits sieurs, avoir enterré les corps morts qui étaient aux environs du couvent de Nigeon (les bons -hommes) pour éviter toutes infections, et mauvais air, en la dite ville et es -environs.

Aux fossoyeurs des Saints -Innocents 20 livres à eux ordonné par les prévôts des marchands et échevins, par leur mandement du 13 septembre 1572, pour avoir enterré depuis huit jours onze cent corps es-environs de Saint-Cluud , Auteuil et Chailiot.

{drottet, petite Chronique protestante, page 338.)

Note n, page 14.

Le duc d'Anjou fut précédé à la Rochelle par une brillante réputation. Quand il arriva à Saint -Maixent les compagnies bourgeoises vinrent à sa rencontre jusqu'à l'extrémité de l'avenue de la ville.

NOTES

La porte de Chaîons était ornée de diverses peintures. On remarquait parmi les ornements un grand écusson, chargé des armes du prince, bordé de feuillages de lierre entrelacés, et accompagné d'inscriptions relatives à l'objet" de l'entreprise qu'on méditait (le siège de la Rochelle); au-dessus de la grande cartouche on lisait ces vers latins.

Rupis inaccessœ quondam juga condita cœlo. Magnus Alexander victor superavit; et illine Hostes depulerat. Num te Rupella rebellis, Credis Alexandrie mojoris fulmina ferre?

Voici la traduction de ces vers :

Du sommet sourcilleux d'un roc inaccessible,

Jadis un héros invincible,

Chassa des barbares surpris:

D'un héros plus fameux que le vainqueur d'Arbelle Braveras-tu la foudre, orgueilleuse Rochelle? Bientôt tu n'auras plus qu'un nom et des débris.

(Arcère, Hist. de la Rochelle, I. p. 451, 452.)

Note m, page 27.*

Inscription où sont marquées les principales circonstances du siège de La Rochelle.

Feu M. Richard des Herbiers, trésorier de France en la généralité de la Rochelle, a donné à la ville une plaque de cuivre, où sont marquées les principales circonstances du siège et dont voici le contenu.

Partie des merveilles de l'heureuse délivrance de l'église de Dieu, recueilli à la Rochelle, lorsqu'elle fut assiégée l'an 1573, pour mémoire à la postérité.

Les ennemis tâchèrent de la surprendre par une armée de mer dressée à Brouage sous prétexte d'un voyage lointain et secret soubs la conduite xle M. Strozzi; l'exécution s'en devait faire au temps du massacre des chefs et seigneurs de la religion.

Plus, on s'employa de s'emparer de celte ville par le moyen du seigneur de Biron, on y employa aussi des seigneurs de la religion pour se servir d'eux.

Enfin, fut assiégée de telle façon que rien ne défaillait de tout ce qui était nécessaire à la furie d'un siège, la grandeur, la puissance et force n'y manquaient. Le roi commit la conduite de l'armée au roi de Pologne, son frère, assisté du roi de Navarre, du prince de Condé et autres princes du sang, et autres princes et seigneurs, avec l'élite des plus vaillants capitaines de la France, avec grosse

1. Illusion au prénom d'Alexandre du duc d'AojOQ. 1. La uot» a été omise à la page 27.

NOTES

et puissante armée, tant par mer que par terre, composée <ie Français et d'étrangers battirent de furie cette ville de furie, tant de cinquante à soixante canons, d'une partie desquels le boulet était d'une pesanteur de trente -cinq à quarante livres de balles, donnèrent plusieurs et divers assauts, de rage furieuse saisirent r les foussés, sapèrent les murailles, firent voler en l'air plusieurs | mines au moyen de quoi se préparent grandes brèches; montèrent ■ sur l'un des quevalliers, des murailles eschalèrent en divers en- • droits, conspirèrent diverses trahisons, traîtres ne leur défaillaient dehors ni dedans.

Quant à ceux de la ville, ayant été abandonnés d'une partie de la noblesse lâchement et mesme des principaux, étaient en petit nombre et gens sans grande autorité; mais le seigneur les arma de constance et voire jusqu'aux femmes et petits enfants; les vivres défaillaient sur la fin ; mais le seigneur envoya comme une manne à ses enfants extraordinairement et en grande abondance sur le bout et entrée de la mer une espèce de coquillage qu'on nomme Soardons, et qu'on n'avait accoutumé de trouver là et qui défaillirent aussi au temps de la paix; la poudre aussi nous défaillant, Dieu prépara passage par le milieu d'une haie de navires de guerre à quelques petits galions, pour nous apporter blé et poudre. Brief exauçant les requêtes et prières des siens, usa de toute faveur pour délivrer son église. A lui seul en soit la gloire éternellement par son ffïs J. C. Amen.

Le seigneur sauva son peuple contre l'effort

De l'ennemi puissant et fort ;

Sur nos haineux les flots tombèrent,

Si peu en fut exanté.

Lors les siens bénirent, louèrent

Son secours expérimenté.

C'est lui qui trébucher a faict

Tous ces maux sur nos adversaires,

Et est venu pour les deffaire.

Sa faveur de plus l'on a vu.

Alors de franche volonté

Fismes sacrifiœs louables,

Louant son sainct nom vénérable,

Qui est tout rempli de bonté.

Nos yeux l'ont veu

Et nos mains l'ont touché

Et nos cœurs remplis d'admiration.

(Arcère, Ilist. de la Rochelle I, p. 641 , 642.)

NOTES

Me ix, page 49.

On a conserré un autre monument sur les superstitions de Catherine : c'est un talisman qu'elle portait toujours sur elle, et qui avait été fabriqué par un mathématicien, magicien et astrologue, appelé Régnier, le même qui l'avait engagée à faire élever la colonne de l'hôtel de Soissons. Ce talisman passait pour composé de sang humain, de sang de bouc et de divers métaux fondus ensemble sous les constellations en rapport avec la nativité de Catherine. Elle y était représentée nue, entourée de figures magiques et de noms de démons Ehuleb, Asmodel, Haciel, Haniel. (V. les notes au Journal de l'Étoile, édit. de la Haie 1744, t. II, p. 160.) Dans cette cour bizarre de Catherine, se pressaient pèle -mêle artistes et savants, astrologues, nécromants et empoisonneurs; tout ce que l'intelligence a de plus élevé , tout ce que le crime a de plus immonde, Ruggieri et Maurevert coudoyaient Jean Goujon et Palissy.

M. P. Lacroix (bibliophile Jacob) nous a communiqué la description d'un second talisman de Catherine : c'était un bracelet composé de dix châtons d'or renfermant diverses pierres.

« La première pierre est une pierre d'aigle, ovale, sur laquelle est gravé, en creux, un dragon ailé; au-dessus on lit 1 559, année de la composition de ce talisman qui est celle de la mort du mari de Catherine.

« La seconde est une agathe singulière à huit pans, semée de petites taches zonées, en forme de petits tubes, dont les orifices sont apparents des deux côtés.

« La troisième est une très -belle onix de trois couleurs, ovale, portant cette inscription sur la tranche Gabriel, Raphaël, Michael, Ariel.

« La quatrième est une pierre de turquoise ovale et fort élevée, arrêtée par une bande d'or transversale.

« La cinquième et un morceau de marbre noir et blanc.

• La sixième est une agathe brune ovale; sur une des faces sont gravées en creux, au milieu un caducée, une étoile et un croissant; sur la tranche, à droite, est aussi gravé en creux le Jehovah accompagné de plusieurs caractères talismaniques, sur l'autre lace on voit la constellation du serpent, représenté entre le signe du scorpion et le soleil, ces ligures sont entourées de six planètes.

« La septième est un morceau de crâne humain, carré oblong.

« La huitième est une crapaudine ovale.

« La neuvième un morceau d'or arrondi; sur la face convexe la main de gloire sur un ombilic se trouve gravée en relief.

« La dixième et dernière pierre est une onix, de deux couleurs,

NOTES

exactement ronde, au milieu de laquelle est gravé le mot de Publeni , terme inconnu. »

{Catalogue des tableaux, antiquités, pierres gravées, etc. etc.

du cabinet de feu M. oVEnnery, écuyer. Paris 1786. Henri

Martin, t. X.)

Note v, page 52.

Papirus Masso, né en 1 514 et mort en 1611, a écrit une vie de Charles IX. Comme historien il obtint une certaine réputation; son histoire de Charles IX renferme des détails qui jettent un jour sur la physionomie du coupable et infortuné monarque et expliquent., jusqu'à un certain point, cette vie qui commence dans un orage et finit dans le sang; nous en citerons quelques pages.

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