LIVRE XIV
mains la tète de leurs amants, qu'elles se firent porter en
secret.
Ce honteux procès nous révèle l'un des côtés de la vie mtime de Catherine. Dans les recherches que Ton fit au domicile de La Mole, on trouva des figures de cire dont le fameux astrologue Cosme de Rugieri fut reconnu l'auteur. J,a reine en fut vivement préoccupée : «Monsieur, écrivaitelle au procureur général La Guesle , on m'a dit que Cosme e disait rien ; c'est chose certaine qu'il a fait que mon fils d'Alençon avait sur lui , et que l'on m'a dit qu'il a une figure de cire à qui il a donné des coups à la tête, et que ladite figure a été trouvée parmi les besognes de La Mole et que aussi au logis où il était à Paris il a beaucoup de méchantes choses, comme des livres et des papiers; je vous prie que vous me mandiez tout ce que Cosme aura confessé et si ladite figure a été trouvée , au cas qu'elle la soit, que je la voie.»1
Cette anxiété de la reine mère est une preuve du besoin qu'a l'homme de croire à quelque chose. Quand son esprit ne s'attache pas à la vérité , il court après l'erreur; religieux par nature, ce n'est que bien rarement qu'il arrive à ne rien croire du tout. Si l'on pouvait plonger les regards dans les replis les plus profonds du cœur de l'athée, on reconnaîtrait que celui qui nie Dieu croit cependant à des dieux, et que la superstition est ordinairement le triste et juste lot de celui qui se fait gloire d'être incrédule.
Les maréchaux de Montmorency et de Cossé, dénoncés par La Mole et Coconas comme les premiers auteurs de la conspiration, furent arrêtés et conduits à la Bastille au milieu des railleries de cette même populace que Montmorency avait su si bien contenir pendant dix ans, comme gouverneur de l'Ile de France.
Au milieu de toutes ces péripéties qui tenaient la cour lans une furie perpétuelle, Charles IX s'affaiblissait: il avait perdu ce repos d'esprit qui est nécessaire aux rois