‹ Histoire de la réformation française (volume 4)Chapitre 42 sur 258 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

tout sens moral; elle était, au reste,

elle

des affaires. L'homme qui, pendant trente ans, avait été mêlé aux affaires du royaume , était oublié avant que son cadavre se fût refroidi. Dès qu'il fut mort « on ne parla plus de lui que s'il n'eût jamais été, et en fit-on moins de bruit à la cour (ce qui est digne de remarque) qu'on eût fait d'un simple prolétaire ou curé de village; il y eut cependant quelques-uns de la religion qui s'en souvinrent pour le mal possible qu'il leur avait fait de son vivant.»1

L'oubli d'un côté, un souvenir de haine de l'autre, ce fut tout ce que laissa de lui Charles de Lorraine, auquel il ne manqua , pour être un vrai grand homme , qu'un cœur honnête et droit.

Pendant que le roi courait de plaisirs en plaisirs, sa mère s'était donné celui de faire décapiter Montgommery, ui, dans un tournoi, avait involontairement tué Henri ÏI ont elle affectait d'être la veuve inconsolable. Ce seigneur, dont le nom a déjà été mentionné dans cette histoire, s'attacha à la fortune de Condé , devint l'un des chefs les plus considérables du parti protestant , et prit une part active aux trois premières guerres civiles , dans lesquelles il se montra capitaine consommé. Mais malheureusement il déploya quelquefois, à l'égard des catholiques, une rigueur qui put lui paraître justifiée par leurs cruautés , mais qui ne l'était par les droits de la guerre , même dans ce qu'ils ont de plus inflexible. La vie de Montgommery demanderait une histoire particulière; on le trouve à la cour, sur des champs de bataille , dans des villes à défendre , devant des villes à assiéger, dans le cabinet des diplomates. En mai 1574, assiégé dans Dom front, il se rendit après une défense héroïque. Quarante huguenots y avaient combattu, pendant cinq heures, contre l'élite de l'armée de Matignon, et l'avait contrainte à battre en retraite. Montgommery capitula sous la condition d'avoir la vie sauve. Ce point a été contesté par quelques historiens; mais le caractère bien connu du capitaine huguenot et l'opinion d'an

1. L'Estoile, année 1574, p. 49. — De Thou, liv. LIX, p. 124, 125 et suiv.

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